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Logement

Pacte de colocation

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Les colocataires

Le pacte se signe entre 2 et 4 colocataires. Il complète le bail signé avec le bailleur, il ne le remplace pas.

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Le bail organise vos rapports avec le bailleur ; il ne dit rien de ce qui se passe entre colocataires : qui paie quelle part du loyer, comment se partagent l'électricité et l'assurance, que se passe-t-il quand l'un veut partir avant les autres, qui rembourse sa part de dépôt de garantie ? Le pacte de colocation comble ce vide. C'est un contrat écrit entre colocataires, parfaitement valable (article 1103 du code civil), qui fixe noir sur blanc la répartition des dépenses et les règles de départ, avant que le premier désaccord ne s'en charge.

Notre générateur produit un pacte complet pour 2 à 4 colocataires : répartition du loyer et des charges (à parts égales ou selon les chambres), modalités de paiement au bailleur, partage des dépenses communes, sort du dépôt de garantie, préavis interne en cas de départ, et surtout un article dédié à la clause de solidarité, qui rappelle sa portée réelle envers le bailleur et organise les remboursements entre colocataires lorsque l'un a payé pour les autres.

Ce guide explique ce que le pacte peut (et ne peut pas) faire, ce que la clause de solidarité change vraiment, comment se passe le départ d'un colocataire en 2026, et les pièges du dépôt de garantie en colocation.

Ce qu'un pacte de colocation peut faire, et ce qu'il ne peut pas

Le pacte de colocation est un contrat de droit commun entre les colocataires : il les engage entre eux, comme n'importe quel contrat. Il peut donc fixer la part de loyer de chacun, la clé de partage des factures, un préavis interne de départ, des règles de vie commune, et l'obligation de rembourser le colocataire qui a avancé de l'argent pour les autres. En cas de non-respect, il se prouve et s'invoque devant le juge comme tout engagement écrit.

Ce qu'il ne peut pas faire : modifier le bail ou s'imposer au bailleur. Le bailleur n'a pas signé le pacte ; il ne connaît que le bail. Si le bail comporte une clause de solidarité, le bailleur peut réclamer la totalité du loyer à n'importe quel colocataire, même si le pacte prévoit que celui-ci ne doit que 400 euros sur 1 350. La répartition interne reste toutefois loin d'être inutile : c'est elle qui fonde le recours du colocataire qui a payé plus que sa part contre les autres (article 1317 du code civil). Sans écrit, ce recours se heurte à la question de la preuve : qui devait quoi ?

Bail unique ou baux multiples : vérifiez avant de rédiger

La colocation (article 8-1 de la loi du 6 juillet 1989) prend deux formes : un bail unique signé par tous les colocataires, ou des baux multiples (chacun loue sa chambre avec jouissance des parties communes). En baux multiples, chacun ne doit que son propre loyer : le pacte ne sert alors qu'à partager les dépenses communes et organiser la vie du logement. En bail unique, tout dépend de la présence d'une clause de solidarité : relisez le bail, la clause y figure en toutes lettres. Notre formulaire adapte le pacte à ces trois situations.

La clause de solidarité : sa portée réelle vis-à-vis du bailleur

Présente dans la quasi-totalité des baux uniques de colocation, la clause de solidarité (souvent libellée « solidarité et indivisibilité ») signifie que chaque colocataire est tenu, envers le bailleur, de la totalité du loyer et des charges. Si un colocataire ne paie pas sa part, le bailleur peut réclamer l'intégralité de l'impayé à n'importe quel autre, à son choix, sans avoir à diviser ses poursuites. La caution d'un colocataire peut de même être appelée pour la dette d'un autre, dans les limites de son engagement.

Le pacte de colocation ne peut pas neutraliser cette clause : elle est dans le bail, le bailleur y a droit. En revanche, il organise l'étape d'après, celle que la loi appelle la contribution à la dette : le colocataire qui a payé au bailleur plus que sa part dispose d'un recours contre les autres, chacun pour la fraction qui lui incombe (article 1317 du code civil). Notre pacte fixe cette fraction (la répartition de l'article 2), impose le remboursement sous 15 jours sur justificatif, et fait supporter au seul retardataire les pénalités qu'il a causées. C'est la différence entre une avance récupérable et une perte sèche.

  • Fin de la solidarité du partant : depuis la loi ALUR, la solidarité du colocataire sortant s'éteint à la date d'effet de son congé si un nouveau colocataire figure au bail et, à défaut, au plus tard 6 mois après cette date (article 8-1 VI de la loi du 6 juillet 1989). Impossible pour le bailleur de la prolonger au-delà.
  • La caution suit le même sort : l'engagement de la caution du colocataire sortant s'éteint aux mêmes dates. L'acte de cautionnement doit d'ailleurs identifier, à peine de nullité, le colocataire dont le départ met fin à l'engagement de la caution.
  • Pendant la période résiduelle : si le partant est appelé à payer pour une période où il n'occupait plus le logement, notre pacte oblige les colocataires restés en place à le rembourser intégralement. Sans cette clause, il devrait plaider le recours de droit commun.

Répartir le loyer, les charges et les dépenses communes

À parts égales ou pas ? Rien n'impose l'égalité : la répartition suit généralement la valeur d'usage de chaque chambre (surface, balcon, salle d'eau privative, exposition). L'essentiel est de l'écrire, avec le critère retenu : c'est la clause la plus consultée du pacte, et celle qui évite les rancoeurs silencieuses. Notre formulaire vous fait détailler la part de chacun en euros, pour un total égal au loyer charges comprises.

  • Le circuit de paiement : trois organisations possibles. Un colocataire référent paie tout et les autres le remboursent (simple, mais le référent porte le risque) ; chacun verse sa part directement au bailleur (chacun responsable de son virement) ; ou un compte joint alimenté par tous (le plus lisible, mais attention à la co-titularité bancaire). Dans tous les cas, le pacte fixe une date limite de versement des parts.
  • Les dépenses hors loyer : électricité, gaz, internet, assurance habitation, taxe sur les ordures ménagères. Précisez qui est titulaire de chaque contrat et la clé de partage (parts égales ou proportionnelle), avec une régularisation périodique sur factures. Le titulaire d'un contrat souscrit pour la colocation doit pouvoir en justifier le montant.
  • L'assurance habitation : obligatoire pour les locataires (risques locatifs). En colocation, une police unique au nom de tous les colocataires, ou une souscription par le bailleur pour leur compte avec récupération sur les charges, évite les trous de garantie au fil des départs.

Le départ d'un colocataire : congé légal, préavis interne, remplaçant

Chaque colocataire peut donner congé pour lui-même à tout moment, sans l'accord des autres : il adresse au bailleur une lettre recommandée avec accusé de réception (ou la remet en main propre contre récépissé) en respectant le préavis légal, soit 3 mois en location vide et 1 mois en meublé ou en zone tendue (article 15 de la loi du 6 juillet 1989). Le bail continue avec les colocataires restants, qui supportent désormais le loyer entier : c'est là que le départ, parfaitement légal envers le bailleur, devient un sujet entre colocataires.

Le préavis interne du pacte répond à ce problème : le partant s'engage envers les autres à annoncer son départ suffisamment tôt (1 à 3 mois) et à participer à la recherche d'un remplaçant. Ce préavis interne ne remplace pas le congé au bailleur, il s'y ajoute ; il donne aux colocataires restants le temps de trouver quelqu'un, ce qui est aussi l'intérêt bien compris du partant : en présence d'une clause de solidarité, l'arrivée d'un remplaçant au bail éteint immédiatement sa solidarité, au lieu de la laisser courir jusqu'à 6 mois.

Le remplaçant doit entrer au bail, pas seulement dans le logement

Installer un remplaçant sans l'accord du bailleur est une sous-location déguisée, interdite sans autorisation écrite. Le nouveau colocataire doit signer un avenant au bail (bail unique) ou son propre bail (baux multiples) : c'est cette formalisation qui déclenche la fin de solidarité du sortant et sécurise tout le monde. Faites-lui aussi signer l'adhésion au pacte de colocation, prévue à l'article 9 de notre modèle.

Reste le dépôt de garantie : le bailleur ne le restitue qu'en fin de bail, après le dernier état des lieux de sortie. Le colocataire qui part en cours de route ne peut donc rien exiger du bailleur. L'usage, consacré par notre pacte, est que le remplaçant (ou, à défaut, les colocataires restants) rembourse sa part au sortant, déduction faite de sa quote-part des dégradations déjà causées. Un état des lieux interne au moment du départ, même sommaire, avec photos datées, évite les contestations le jour de la restitution finale.

Bien rédiger et faire vivre le pacte

  • Signez-le au début : le pacte se négocie sereinement à l'emménagement, pas au moment du premier impayé ou du premier départ. Chaque colocataire garde un exemplaire original signé de tous.
  • Faites adhérer chaque nouvel arrivant : un avenant d'une page suffit, par lequel le remplaçant reprend les droits et obligations du sortant, y compris le remboursement de la part de dépôt de garantie.
  • Gardez des traces : virements avec libellés explicites, tableau partagé des dépenses, factures conservées. Le pacte fonde le droit au remboursement ; les justificatifs en fondent le montant.
  • En cas de blocage : mise en demeure écrite au colocataire défaillant, puis conciliateur de justice (gratuit) ; au-delà, le juge des contentieux de la protection connaît des litiges locatifs, et le tribunal judiciaire des recours entre colocataires.

Références légales

Article 8-1 de la loi n° 89-462 du 6 juillet 1989 (définition de la colocation, encadrement de la solidarité, fin de la solidarité du colocataire sortant : nouveau colocataire au bail ou 6 mois maximum après la date d'effet du congé, identification du colocataire dans l'acte de cautionnement à peine de nullité) ; article 15 de la même loi (congé du locataire, préavis de 3 mois en location vide, 1 mois en meublé ou en zone tendue) ; articles 1103 (force obligatoire du contrat) et 1317 (recours de celui qui a payé au-delà de sa part) du code civil.

Questions fréquentes

Le pacte de colocation est-il opposable au bailleur ?

Non, et c'est même sa caractéristique principale : le bailleur n'ayant pas signé le pacte, il ne le connaît pas et n'est pas tenu par lui. La répartition interne du loyer, le préavis interne, les règles de remboursement entre colocataires ne modifient en rien les droits du bailleur, qui restent régis par le bail et la loi du 6 juillet 1989. Concrètement, si le bail comporte une clause de solidarité, le bailleur peut réclamer 100 % de l'impayé au colocataire de son choix, quelle que soit la part que le pacte lui attribue. Le pacte joue à l'étape suivante : il permet au colocataire qui a payé pour les autres de se retourner contre eux avec un écrit précis (part de chacun, délai de remboursement de 15 jours, prise en charge des pénalités par le retardataire), au lieu d'un recours de droit commun difficile à chiffrer.

Que devient la solidarité du colocataire qui quitte la colocation ?

Depuis la loi ALUR, l'article 8-1 VI de la loi du 6 juillet 1989 borne strictement la solidarité du sortant. Elle s'éteint à la date d'effet de son congé (fin du préavis légal) si un nouveau colocataire figure au bail à cette date ; sinon, elle se prolonge au maximum 6 mois après la date d'effet du congé, puis s'éteint automatiquement, même sans remplaçant. Toute clause du bail qui prétendrait maintenir la solidarité au-delà est réputée non écrite. L'engagement de la caution du sortant s'éteint aux mêmes dates. D'où l'intérêt, pour le partant, de trouver activement un remplaçant et de le faire entrer au bail par avenant : chaque semaine gagnée réduit sa période d'exposition. Notre pacte ajoute un filet de sécurité : si le sortant paie le bailleur au titre de cette solidarité résiduelle, les colocataires restés en place doivent le rembourser intégralement.

Quel préavis un colocataire doit-il respecter pour partir ?

Il faut distinguer deux préavis. Envers le bailleur, le congé obéit à l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 : 3 mois en location vide, réduits à 1 mois en zone tendue ou dans les autres cas légaux (mutation, perte d'emploi, état de santé, RSA ou AAH...), et 1 mois en location meublée. Il se donne par lettre recommandée avec accusé de réception, acte d'huissier ou remise en main propre contre récépissé, et court à compter de sa réception par le bailleur. Envers les autres colocataires, c'est le préavis interne du pacte qui s'applique (1 à 3 mois dans notre modèle) : il les prévient assez tôt pour organiser la recherche d'un remplaçant et la transition financière. Les deux préavis courent en parallèle ; le partant reste tenu de sa part de loyer jusqu'à la date d'effet de son congé au bailleur.

Comment le colocataire sortant récupère-t-il sa part du dépôt de garantie ?

Pas auprès du bailleur : celui-ci ne restitue le dépôt de garantie qu'en fin de bail, après l'état des lieux de sortie de l'ensemble de la colocation, entre les mains des locataires figurant alors au bail. Le colocataire qui part en cours de bail n'a donc aucun droit direct contre le bailleur à ce titre. La solution pratique, que notre pacte consacre, consiste à se faire rembourser sa part par le remplaçant qui entre dans les lieux (il « rachète » la part de dépôt) ou, à défaut de remplaçant, par les colocataires restants, sous déduction de sa quote-part des dégradations déjà imputables. Pour éviter tout litige, consignez la part de dépôt versée par chacun dans le pacte (notre formulaire le prévoit) et faites un mini état des lieux interne avec photos datées au moment du départ.

Peut-on prévoir des parts de loyer inégales entre colocataires ?

Oui, librement. La répartition du loyer entre colocataires relève de leur seul accord : rien n'impose l'égalité, et il est parfaitement courant que la grande chambre avec salle d'eau paie plus que la petite chambre sur cour. Deux précautions : écrire le critère retenu (surface, annexes privatives, exposition) pour que la répartition reste compréhensible et acceptée dans la durée, et vérifier que le total des parts correspond exactement au loyer charges comprises dû au bailleur. Rappelez-vous en revanche que cette répartition est purement interne : en présence d'une clause de solidarité, le bailleur peut toujours réclamer la totalité à n'importe quel colocataire, à charge pour celui-ci de se retourner contre les autres sur le fondement du pacte et de l'article 1317 du code civil.

Que faire si un colocataire ne paie pas sa part ?

Agissez vite, car en bail unique avec clause de solidarité, son impayé devient mécaniquement le vôtre vis-à-vis du bailleur. Première étape : payer le bailleur pour éviter mise en demeure, pénalités et inscription d'un incident, puis adresser au colocataire défaillant une demande écrite de remboursement en invoquant le pacte (part définie, délai de 15 jours, prise en charge des pénalités causées). Deuxième étape en cas de silence : mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception, qui fait courir les intérêts de retard. Troisième étape : conciliateur de justice (gratuit, souvent efficace entre colocataires), puis action en paiement devant le tribunal (procédure simplifiée possible pour les petites créances). Si la situation est durable, envisagez le congé du colocataire défaillant ou, à défaut, votre propre congé : votre solidarité s'éteindra au plus tard 6 mois après sa date d'effet.

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