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Accord de confidentialité (NDA)

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Le sens de la confidentialité

Unilatéral : seule la partie 1 divulgue des informations, seule la partie 2 s'engage. Mutuel : les deux parties échangent des informations et s'engagent réciproquement.

Choisissez mutuel dès que l'échange va dans les deux sens (partenariat, co-développement) : un accord unilatéral ne protégerait qu'une seule partie.

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Avant de présenter votre projet à un investisseur, de confier votre fichier clients à un prestataire ou d'ouvrir vos process à un partenaire potentiel, une précaution s'impose : l'accord de confidentialité, ou NDA (non-disclosure agreement). Ce contrat oblige celui qui reçoit vos informations à ne pas les divulguer et à ne les utiliser que pour le projet convenu, pendant une durée définie et sous peine de sanctions. C'est aussi, depuis la loi du 30 juillet 2018 sur le secret des affaires, l'une des « mesures de protection raisonnables » qui conditionnent la protection légale de vos secrets.

Notre générateur produit un NDA complet, en version unilatérale (une seule partie divulgue) ou mutuelle (les deux parties échangent) : définition large des informations protégées avec possibilité de citer vos données les plus sensibles, exclusions d'usage qui rendent l'accord équilibré et donc signable, restriction de l'usage au seul projet, cercle des destinataires limité au besoin d'en connaître, durée de 2 à 10 ans, restitution des documents et, si vous le souhaitez, une clause pénale chiffrée qui change tout en cas de contentieux.

Ce guide explique quand signer un NDA, comment calibrer le périmètre et la durée, ce que vaut réellement une clause pénale, et ce que le droit protège déjà sans contrat (article 1112-2 du code civil, secret des affaires).

Quand signer un NDA (et quand la loi vous protège déjà)

Le réflexe NDA s'impose chaque fois que vous communiquez des informations à valeur économique à quelqu'un qui n'a pas encore d'obligation contractuelle envers vous : négociation d'un partenariat, d'une cession ou d'une levée de fonds ; consultation d'un prestataire, d'un freelance ou d'un sous-traitant avant contrat ; démonstration d'un produit non commercialisé ; recrutement d'un profil clé exposé à des données stratégiques avant la signature du contrat de travail.

Sans NDA, vous n'êtes pas totalement démuni : l'article 1112-2 du code civil rend responsable celui qui divulgue ou utilise sans autorisation une information confidentielle obtenue à l'occasion de négociations, et la loi du 30 juillet 2018 (articles L. 151-1 et suivants du code de commerce) protège le secret des affaires. Mais ces protections légales exigent de prouver, après coup, que l'information était confidentielle et que son détenteur la protégeait par des mesures raisonnables. Le NDA renverse la situation : il établit par avance le caractère confidentiel, le périmètre, la durée et la sanction. C'est précisément la « mesure de protection raisonnable » que les juges recherchent pour accorder la protection du secret des affaires.

Unilatéral ou mutuel : choisissez selon le flux réel d'informations

Si vous êtes seul à divulguer (pitch à un investisseur, brief à un prestataire), l'accord unilatéral suffit et se négocie plus vite. Dès que l'échange va dans les deux sens (co-développement, partenariat commercial, due diligence croisée), passez au mutuel : ses obligations symétriques sont aussi plus faciles à faire accepter, chacun étant à la fois protégé et engagé.

Le périmètre : la clause qui fait la valeur de l'accord

Un NDA mal calibré est soit inefficace (périmètre trop étroit : l'information divulguée n'était pas couverte), soit inapplicable (périmètre démesuré : tout est confidentiel, donc rien ne l'est vraiment aux yeux du juge). La bonne pratique combine trois niveaux, que notre modèle met en oeuvre.

  • Une définition générale large : toutes les informations communiquées dans le cadre du projet, quelle qu'en soit la forme, marquées ou non « confidentiel », y compris les documents dérivés (notes, analyses) et l'existence même des discussions.
  • Une liste indicative des données critiques : code source, fichiers clients, grilles tarifaires, feuilles de route... Citer expressément vos actifs les plus sensibles facilite grandement la preuve en cas de litige.
  • Des exclusions standard : domaine public, informations déjà connues du récepteur, reçues d'un tiers autorisé, développées de façon indépendante, ou dont la divulgation est exigée par la loi ou le juge. Ces exclusions ne fragilisent pas l'accord : elles le rendent équilibré, signable et crédible devant un tribunal.
  • Une restriction d'usage : les informations ne peuvent servir qu'au projet défini. C'est cette clause qui interdit au partenaire éconduit de réutiliser votre savoir-faire pour développer une offre concurrente.

La durée : combien de temps la confidentialité doit-elle survivre ?

La durée du NDA court à compter de sa prise d'effet et doit survivre à la fin des discussions : c'est justement après l'échec d'une négociation que le risque de réutilisation est maximal. L'usage se situe entre 2 et 5 ans, à ajuster selon la durée de vie économique de l'information : des données tarifaires périmées en dix-huit mois n'appellent pas la même protection qu'un procédé de fabrication ou un code source, pour lesquels 10 ans se justifient. Une durée illimitée est envisageable pour de véritables secrets de fabrique, mais elle se négocie difficilement et certains juges y voient une atteinte disproportionnée à la liberté d'entreprendre : une durée longue mais définie est plus sûre.

Pensez aussi à la rétroactivité : si des informations ont déjà été échangées avant la signature (premier rendez-vous, envoi d'un dossier), fixez une date de prise d'effet antérieure : l'accord couvre alors ces échanges passés. Notre formulaire le permet directement.

La clause pénale : l'arme dissuasive du NDA

Sans clause pénale, la victime d'une violation doit prouver non seulement le manquement, mais aussi le montant exact de son préjudice : un exercice difficile pour une fuite d'informations, dont les effets sont diffus. La clause pénale (article 1231-5 du code civil) fixe à l'avance une somme forfaitaire due par manquement constaté : elle dispense de prouver le montant du dommage, dissuade la partie réceptrice et accélère considérablement le règlement des litiges.

  • Calibrer le montant : proportionné à la valeur des informations et à la surface financière des parties. Un montant manifestement excessif peut être modéré par le juge ; un montant dérisoire peut être augmenté. Entre 5 000 et 50 000 euros par manquement couvre la plupart des situations de PME et d'indépendants.
  • Préserver le surplus : notre clause précise que la pénalité s'entend sans préjudice de la réparation intégrale si le dommage réel excède le forfait, et sans préjudice des mesures d'urgence (interdiction sous astreinte en référé) pour faire cesser la divulgation.
  • Sans clause pénale : l'accord reste efficace (responsabilité contractuelle de droit commun, secret des affaires, référé), mais la charge probatoire du préjudice pèse entièrement sur vous.

Ce qu'un NDA ne fait pas (et comment compléter la protection)

Le NDA protège des informations, pas des créations : il n'emporte aucune cession de propriété intellectuelle et ne remplace ni un dépôt de brevet, ni un dépôt de marque, ni un contrat de cession de droits. Il ne vaut pas non plus clause de non-concurrence : il interdit d'utiliser vos informations, pas d'exercer une activité concurrente développée sans elles. Enfin, il n'oblige personne à conclure le contrat définitif : chaque partie reste libre de rompre les négociations (sous réserve de l'abus).

  • Avec vos salariés : la clause de confidentialité du contrat de travail assure la protection de base ; le NDA détaillé la complète pour les postes exposés à des secrets précis.
  • Preuve d'antériorité : pour vos créations et savoir-faire, constituez des preuves datées (enveloppe Soleau de l'INPI, horodatage, dépôts) : le NDA prouve l'obligation du récepteur, l'antériorité prouve que l'actif est le vôtre.
  • En cas de violation : mise en demeure immédiate, référé pour faire cesser la divulgation (au besoin sur le fondement du secret des affaires, qui permet des mesures d'interdiction et de saisie), puis action indemnitaire en exécution de la clause pénale.

Références légales

Articles 1102 et 1103 du code civil (liberté contractuelle et force obligatoire du contrat) ; article 1112-2 du code civil (responsabilité pour utilisation ou divulgation d'une information confidentielle obtenue lors des négociations) ; article 1231-5 du code civil (clause pénale, pouvoir modérateur du juge) ; loi n° 2018-670 du 30 juillet 2018 et articles L. 151-1 et suivants du code de commerce (protection du secret des affaires, mesures de protection raisonnables, actions en cessation et en réparation).

Questions fréquentes

Un NDA signé par un particulier (freelance, futur salarié) est-il valable ?

Oui. L'accord de confidentialité relève de la liberté contractuelle et peut être signé par toute personne capable, entreprise ou particulier : freelance consulté avant une mission, candidat exposé à des informations sensibles pendant un recrutement, associé pressenti, stagiaire. Deux nuances : pour un salarié en poste, l'obligation de confidentialité découle déjà de la loyauté contractuelle et d'une éventuelle clause du contrat de travail, le NDA venant préciser le périmètre ; et à l'égard d'un particulier, le juge apprécie plus sévèrement une clause pénale disproportionnée aux revenus du signataire (article 1231-5 : il peut la modérer). Calibrez donc la pénalité selon le profil du signataire, ou omettez-la au profit de la responsabilité de droit commun.

Quelle durée choisir pour la confidentialité ?

Alignez la durée sur la durée de vie économique de l'information. Deux à trois ans suffisent pour des informations commerciales à rotation rapide (tarifs, plans marketing) ; cinq ans est le standard des projets technologiques et des négociations de partenariat ; dix ans se justifie pour des actifs à longue durée de vie (code source, procédés de fabrication, formulations). L'essentiel est que la durée survive à la fin des discussions : c'est après l'échec d'une négociation que le risque de réutilisation culmine. Évitez la durée perpétuelle, difficile à négocier et juridiquement fragile ; si un actif mérite une protection sans limite, c'est le régime du secret des affaires (qui dure tant que le secret est préservé) et non le NDA seul qui l'assurera, à condition d'avoir maintenu des mesures de protection, dont le NDA fait partie.

Que se passe-t-il si l'autre partie viole l'accord ?

Trois leviers, à actionner vite. D'abord la mise en demeure : elle somme la partie fautive de cesser la divulgation ou l'utilisation, et constitue le point de départ des sanctions contractuelles. Ensuite l'urgence : le juge des référés peut interdire sous astreinte la poursuite de la divulgation, ordonner le retrait de contenus et, sur le fondement du secret des affaires (articles L. 152-3 et suivants du code de commerce), prononcer des mesures d'interdiction et de saisie. Enfin l'indemnisation : si l'accord comporte une clause pénale, la pénalité forfaitaire est due par manquement constaté, sans avoir à prouver le montant du préjudice ; à défaut, la responsabilité contractuelle de droit commun s'applique, et le préjudice (perte d'avantage concurrentiel, économies indûment réalisées par le fautif) doit être démontré. Conservez toutes les preuves : échanges, horodatages, constats d'huissier.

Le NDA empêche-t-il l'autre partie de travailler avec mes concurrents ?

Non. Le NDA interdit de divulguer et d'utiliser vos informations confidentielles ; il n'interdit pas d'exercer une activité, même concurrente, développée sans ces informations. Un prestataire signataire d'un NDA peut donc travailler pour votre concurrent, tant qu'il ne réutilise pas ce que vous lui avez confié : la frontière est parfois délicate à prouver, d'où l'intérêt de lister expressément vos données critiques dans l'accord. Si vous voulez une exclusivité ou une interdiction de travailler pour des concurrents, il faut une clause distincte (exclusivité, non-concurrence contractuelle), négociée avec sa propre durée, son périmètre et, souvent, sa contrepartie. De même, le NDA n'emporte aucune cession de propriété intellectuelle : ce que le prestataire crée pour vous doit faire l'objet d'une cession de droits séparée.

Faut-il faire signer le NDA avant le premier rendez-vous ?

Idéalement oui : la protection contractuelle ne couvre que ce qui est échangé pendant la vie de l'accord, et le premier rendez-vous est souvent celui où l'on en dit le plus. En pratique, deux garde-fous rattrapent un NDA signé tardivement : la clause de rétroactivité (notre formulaire permet de fixer une date d'effet antérieure à la signature, couvrant les échanges déjà intervenus dans le cadre du projet) et l'article 1112-2 du code civil, qui sanctionne même sans contrat l'utilisation ou la divulgation des informations confidentielles obtenues à l'occasion des négociations. Restent les bons réflexes : ne révélez au premier contact que ce qui est nécessaire pour susciter l'intérêt, gardez les données réellement critiques (code, fichiers clients, formules) pour l'après-signature, et marquez « confidentiel » vos documents sensibles, ce qui facilite la preuve de leur statut.

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