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Réclamation d'indemnisation pour vol retardé ou annulé

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Trois heures d'attente dans un terminal, une correspondance manquée, des vacances amputées d'une journée : si votre vol a été sérieusement retardé, annulé au dernier moment ou si l'embarquement vous a été refusé pour cause de surréservation, le droit européen vous accorde une indemnité forfaitaire de 250 à 600 euros par passager. Ce n'est ni un geste commercial ni un avoir : c'est une créance prévue par le règlement (CE) n° 261/2004, que la compagnie doit vous verser en argent, quel que soit le prix de votre billet.

Des sociétés spécialisées proposent de réclamer à votre place, contre une commission qui atteint couramment 25 à 35 % de votre indemnité, davantage encore si une procédure judiciaire s'avère nécessaire. Sur une famille de quatre personnes indemnisée 600 euros chacune, cela représente jusqu'à 840 euros abandonnés à un intermédiaire, pour une démarche qui tient en une lettre recommandée bien construite. Notre générateur produit cette lettre pour vous : références juridiques exactes, montant calculé selon la distance du vol, demande de prise en charge des frais annexes. L'indemnité vous revient à 100 %.

Ce guide détaille les conditions d'indemnisation pour chaque type d'incident, les fameuses « circonstances extraordinaires » derrière lesquelles les compagnies s'abritent souvent à tort, et les recours concrets si votre réclamation reste sans réponse.

Le règlement CE 261/2004 : vos droits et les montants

Le règlement (CE) n° 261/2004 du 11 février 2004 protège les passagers de tous les vols au départ d'un aéroport de l'Union européenne (quelle que soit la compagnie), ainsi que des vols à destination de l'UE opérés par une compagnie européenne. Il couvre trois incidents : le retard important, l'annulation et le refus d'embarquement. L'indemnité est forfaitaire et dépend uniquement de la distance du vol, calculée à vol d'oiseau entre l'aéroport de départ et la destination finale.

Montants d'indemnisation selon la distance du vol
Distance du volIndemnité par passager
Jusqu'à 1 500 km250 euros
De 1 500 à 3 500 km, et tous les vols intracommunautaires de plus de 1 500 km400 euros
Plus de 3 500 km (hors vols intracommunautaires)600 euros

Ces montants sont dus par passager, bébés voyageant avec un billet payant compris, et se cumulent avec le remboursement des frais que la compagnie aurait dû prendre en charge pendant l'attente (repas, rafraîchissements, hôtel et transferts en cas de nuit sur place, deux communications). Une seule réduction est possible : la compagnie peut diminuer l'indemnité de 50 % si elle vous a réacheminé vers votre destination finale avec un retard limité (moins de 2, 3 ou 4 heures selon la distance).

L'indemnité se paie en argent, pas en bon d'achat

L'article 7, paragraphe 3, du règlement est clair : l'indemnisation est versée en espèces, par virement ou par chèque. Un avoir ou un bon de voyage n'est possible qu'avec votre accord signé. Si la compagnie vous propose un bon d'un montant équivalent (ou supérieur), vous êtes libre de le refuser et d'exiger un virement.

Vol retardé : 3 heures ou plus à l'arrivée

Le texte du règlement ne prévoyait à l'origine qu'une assistance en cas de retard. La Cour de justice de l'Union européenne a comblé cette lacune par l'arrêt Sturgeon du 19 novembre 2009 (affaire C-402/07), confirmé par l'arrêt Nelson du 23 octobre 2012 : un retard de trois heures ou plus à l'arrivée ouvre droit à la même indemnité qu'une annulation. Le retard se mesure à la destination finale, à l'ouverture des portes de l'appareil, et non au décollage : un vol parti avec 2 h 50 de retard mais arrivé avec 3 h 05 de retard est indemnisable ; l'inverse ne l'est pas. En cas de correspondances sur une même réservation, c'est le retard à la destination finale du voyage qui compte, même si le premier vol n'a été que légèrement retardé.

Vol annulé : le seuil des 14 jours

En cas d'annulation, la compagnie doit toujours vous proposer le choix entre le remboursement intégral du billet sous sept jours et un réacheminement vers votre destination. L'indemnité forfaitaire s'y ajoute si l'annulation vous a été annoncée moins de quatorze jours avant le départ. La compagnie y échappe seulement si elle vous a réacheminé dans des fenêtres horaires strictes : prévenu entre 13 et 7 jours avant le départ, le vol de remplacement ne doit pas partir plus de 2 heures avant l'horaire initial ni arriver plus de 4 heures après ; prévenu moins de 7 jours avant, pas plus d'une heure avant au départ et 2 heures après à l'arrivée. C'est à la compagnie de prouver qu'elle vous a informé dans les temps : conservez l'e-mail ou le SMS d'annulation, son horodatage fait foi.

Refus d'embarquement : l'indemnité immédiate

La surréservation est une pratique légale, mais strictement encadrée par l'article 4 du règlement. La compagnie doit d'abord faire appel à des volontaires, en échange d'avantages librement négociés. Si vous êtes débarqué contre votre volonté alors que vous vous êtes présenté à l'heure avec une réservation confirmée, l'indemnité forfaitaire est due immédiatement, sur place, et aucune circonstance extraordinaire ne peut être invoquée. Vous conservez en outre le choix entre remboursement et réacheminement, ainsi que la prise en charge complète pendant l'attente.

Circonstances extraordinaires : ce qui exonère la compagnie, et ce qui ne l'exonère pas

La compagnie échappe à l'indemnisation (mais jamais à l'assistance ni au remboursement) si elle prouve que l'incident résulte de circonstances extraordinaires qui n'auraient pas pu être évitées même si toutes les mesures raisonnables avaient été prises. Les compagnies invoquent cette exception de façon quasi systématique ; la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne l'a pourtant réduite à un périmètre étroit.

L'exception des circonstances extraordinaires en pratique
Exonère la compagnieN'exonère pas la compagnie
Conditions météorologiques incompatibles avec le vol (tempête, brouillard dense, cendres volcaniques)Panne technique ou défaut d'entretien de l'appareil, même imprévu
Restrictions du contrôle aérien, fermeture d'aéroport ou d'espace aérienGrève du personnel de la compagnie elle-même (pilotes, cabine)
Risque pour la sûreté, instabilité politique à destinationSous-dimensionnement des équipages ou problèmes d'organisation interne
Grève externe à la compagnie (contrôleurs aériens, personnel aéroportuaire)Répercussions en cascade d'un incident survenu sur un vol précédent de l'appareil, sauf preuve précise

Deux points essentiels : la charge de la preuve pèse entièrement sur la compagnie, qui doit produire des éléments précis et datés (et non une formule vague comme « raisons opérationnelles ») ; et même en cas de circonstance réellement extraordinaire, elle doit démontrer qu'aucune mesure raisonnable (affrètement d'un autre appareil, réacheminement sur d'autres compagnies) ne permettait d'éviter le désagrément. Notre lettre rappelle expressément ces exigences : c'est souvent ce qui fait la différence entre un refus type et un dossier traité sérieusement.

Réclamer vous-même ou passer par un intermédiaire : comptez ce que vous perdez

Les plateformes de réclamation en ligne rendent un service réel : elles avancent les frais et gèrent le dossier. Mais leur rémunération est prélevée directement sur votre indemnité : les commissions standard du marché se situent entre 25 et 35 % TTC du montant récupéré, auxquelles s'ajoute fréquemment un supplément si le dossier passe devant un juge, portant le total à 50 % dans certains cas. Pour une famille de quatre passagers sur un vol long-courrier, l'indemnité totale de 2 400 euros peut ainsi fondre à 1 200 euros.

Or la première étape est identique dans tous les cas : une réclamation écrite, précise et juridiquement fondée, adressée à la compagnie. Une grande partie des dossiers se règle à ce stade, car les compagnies savent parfaitement identifier les demandes solides. C'est exactement ce que produit notre générateur : la lettre cite les articles applicables à votre situation, la jurisprudence sur le retard, calcule le montant exact selon la distance et le nombre de passagers, exige un paiement en argent et annonce les recours. Vous l'envoyez en recommandé avec accusé de réception, et l'indemnité vous revient intégralement.

Aucune commission, aucun pourcentage

Notre service vous fournit le document et son envoi suivi : nous ne prélevons jamais de pourcentage sur votre indemnité. 600 euros réclamés, ce sont 600 euros pour vous.

Bien remplir votre réclamation et constituer le dossier

  • La compagnie destinataire : adressez la lettre à la compagnie qui a opéré le vol (celle de la carte d'embarquement), même si le billet a été acheté via une agence en ligne ou pour un vol en partage de code. C'est elle, et elle seule, qui doit l'indemnité.
  • Le vol : numéro, date, aéroports de départ et d'arrivée, numéro de réservation (PNR). Ces cinq données permettent à la compagnie de retrouver instantanément l'incident dans ses systèmes.
  • La distance : utilisez un calculateur de distance orthodromique en ligne (gratuit) entre les deux aéroports. En cas de correspondance, la distance se calcule entre le point de départ et la destination finale.
  • Les passagers : l'indemnité est due par passager. Réclamez en une seule lettre pour toute la réservation en listant chaque passager.
  • Les justificatifs : joignez les copies (jamais les originaux) des cartes d'embarquement, de la confirmation de réservation, du message d'annulation ou de retard, et des reçus de frais (repas, hôtel, taxi).

Le retard se prouve facilement, mais pas indéfiniment

Les données de vol (horaires réels, retards constatés) sont archivées par des sites spécialisés et par la DGAC, mais les captures d'écran des tableaux d'affichage et vos messages de la compagnie restent vos meilleures preuves. Faites-les dès l'incident, réclamez ensuite : en France, l'action en indemnisation fondée sur le règlement se prescrit par cinq ans.

La compagnie refuse ou ne répond pas : les recours

Sans réponse dans les délais ou face à un refus type invoquant de vagues raisons opérationnelles, ne renoncez pas : les taux de succès des recours sont élevés lorsque le dossier est documenté. Trois voies s'offrent à vous, gratuites pour les deux premières.

  1. Le signalement à la DGAC : la Direction générale de l'aviation civile est l'autorité française chargée de faire respecter le règlement pour les vols au départ de la France (et les vols vers la France sur compagnies européennes). Le formulaire de réclamation est en ligne sur le site du ministère chargé des transports. La DGAC peut sanctionner la compagnie ; elle n'ordonne pas votre indemnisation, mais son intervention débloque de nombreux dossiers.
  2. Le Médiateur Tourisme et Voyage (MTV) : si la compagnie adhère au dispositif (c'est le cas de la plupart des compagnies desservant la France), vous pouvez saisir gratuitement le médiateur en ligne, après un refus écrit ou deux mois de silence. L'avis du médiateur est rendu en quelques mois et très majoritairement suivi.
  3. Le juge : pour une indemnité chiffrée et documentée, la procédure devant le tribunal compétent (celui du lieu de départ ou d'arrivée du vol, ou du siège de la compagnie) est accessible sans avocat pour les litiges inférieurs à 10 000 euros. La procédure européenne de règlement des petits litiges, entièrement écrite, est également ouverte contre une compagnie établie dans un autre pays de l'UE.

Références légales

Règlement (CE) n° 261/2004 du Parlement européen et du Conseil du 11 février 2004, articles 4 (refus d'embarquement), 5 (annulation), 6 (retard), 7 (indemnisation), 8 (remboursement et réacheminement) et 9 (assistance) ; CJUE, 19 novembre 2009, Sturgeon, C-402/07 et C-432/07 ; CJUE, 23 octobre 2012, Nelson, C-581/10 et C-629/10 ; article 2224 du code civil (prescription quinquennale en droit français).

Questions fréquentes

Mon vol a décollé en retard mais s'est rattrapé en route : ai-je droit à l'indemnité ?

Non. Le seuil des trois heures s'apprécie exclusivement à l'arrivée à destination finale, au moment de l'ouverture des portes de l'appareil. Un vol parti avec quatre heures de retard mais arrivé avec 2 h 45 de retard n'ouvre pas droit à l'indemnité forfaitaire. À l'inverse, un vol parti avec 2 h 30 de retard et arrivé avec 3 h 10 de retard est indemnisable. En cas de correspondances sur une même réservation, c'est le retard à la destination finale du voyage complet qui compte : un premier vol retardé de 45 minutes qui vous fait manquer votre correspondance et arriver six heures plus tard ouvre droit à l'indemnité pleine.

La compagnie invoque des « raisons opérationnelles » : est-ce une circonstance extraordinaire ?

Non. « Raisons opérationnelles », « rotation de l'appareil » ou « problème technique » ne sont pas des circonstances extraordinaires : la Cour de justice de l'Union européenne juge de façon constante que les pannes et défaillances techniques relèvent de l'activité normale d'un transporteur aérien, tout comme les grèves de son propre personnel. Les circonstances réellement exonératoires sont externes à la compagnie : météo dangereuse, décisions du contrôle aérien, fermeture d'espace aérien, risque de sûreté. Et c'est à la compagnie de les prouver précisément, date et faits à l'appui. Face à un refus vague, maintenez votre demande et saisissez la DGAC ou le médiateur.

Combien de temps ai-je pour réclamer mon indemnité ?

Le règlement européen ne fixe pas de délai : chaque pays applique son propre délai de prescription. En France, l'action se prescrit par cinq ans à compter du vol (prescription de droit commun de l'article 2224 du code civil, appliquée par la Cour de cassation aux demandes fondées sur le règlement 261/2004). Vous pouvez donc réclamer pour un vol perturbé il y a plusieurs années, à condition d'avoir conservé les preuves : réservation, cartes d'embarquement, messages de la compagnie. En pratique, plus la réclamation est proche de l'incident, plus le traitement est simple et rapide.

J'ai accepté un bon d'achat de la compagnie : puis-je encore réclamer l'indemnité en argent ?

Tout dépend de ce que vous avez signé. L'article 7, paragraphe 3, du règlement n'autorise le paiement de l'indemnité sous forme de bons de voyage qu'avec l'accord signé du passager. Si vous avez expressément accepté un bon en solde de tout compte pour l'incident, il sera difficile de revenir en arrière. En revanche, un bon accepté à l'aéroport dans la confusion, sans information sur vos droits, ou un simple geste commercial (bon de quelques dizaines d'euros) sans renonciation signée, ne vous prive pas de l'indemnité forfaitaire. Réclamez la différence en citant l'article 7 et en précisant les conditions dans lesquelles le bon vous a été remis.

Le règlement s'applique-t-il à mon vol hors Europe ou en compagnie étrangère ?

Le règlement s'applique à tous les vols au départ d'un aéroport de l'Union européenne (ainsi que d'Islande, de Norvège et de Suisse), quelle que soit la nationalité de la compagnie, et aux vols à destination de l'UE opérés par une compagnie de l'UE. Exemples : Paris-New York sur une compagnie américaine, couvert (départ UE) ; New York-Paris sur la même compagnie américaine, non couvert (départ hors UE, compagnie non européenne) ; New York-Paris sur une compagnie française, couvert. Pour les vols non couverts, d'autres régimes peuvent jouer (convention de Montréal pour les dommages prouvés, réglementations locales comme les règles américaines sur le refus d'embarquement).

La compagnie devait-elle me nourrir et me loger pendant l'attente ?

Oui. Dès que l'attente dépasse deux heures (vols courts), trois heures (vols moyens) ou quatre heures (vols longs), l'article 9 du règlement impose à la compagnie une prise en charge : repas et rafraîchissements en suffisance, deux appels ou messages, et, si un départ le lendemain est nécessaire, l'hébergement à l'hôtel et les transferts. Cette assistance est due même en cas de circonstances extraordinaires : une tempête peut priver d'indemnité, jamais de repas ni d'hôtel. Si la compagnie n'a rien organisé, engagez des dépenses raisonnables, conservez chaque reçu et réclamez leur remboursement avec l'indemnité : notre lettre inclut cette demande.

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