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Consommation

Mise en demeure de remboursement

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Commande payée jamais livrée, produit défectueux que le vendeur refuse de reprendre, avoir promis qui n'arrive jamais, argent prêté à un proche qui fait la sourde oreille : dans toutes ces situations, la mise en demeure de remboursement est l'étape qui transforme une réclamation ignorée en exigence juridique. C'est un courrier formel, envoyé en recommandé avec accusé de réception, qui somme votre débiteur de payer dans un délai précis et qui produit des effets de droit immédiats : elle fait courir les intérêts de retard et constitue le préalable exigé avant la plupart des actions en justice.

Notre générateur adapte automatiquement la lettre à votre situation : produit non livré (articles L216-1 et suivants du code de la consommation), défaut de conformité (articles L217-3 et suivants), remboursement promis non versé ou prêt entre particuliers (articles 1344 et suivants du code civil). Vous remplissez le formulaire, la lettre cite les bons articles, chiffre votre créance et fixe le délai : il ne reste qu'à signer et envoyer.

Ce guide vous explique quand la mise en demeure s'impose, ce que dit la loi pour chaque type de créance, comment rédiger une lettre qui tient devant un juge et quelles suites donner si le destinataire ne paie toujours pas.

La mise en demeure : définition et effets juridiques

La mise en demeure est définie par l'article 1344 du code civil : le débiteur est mis en demeure de payer soit par une sommation ou un acte portant interpellation suffisante, soit, si le contrat le prévoit, par la seule exigibilité de l'obligation. Concrètement, il s'agit d'un courrier qui exige clairement le paiement d'une somme déterminée dans un délai déterminé. Aucune forme sacramentelle n'est imposée, mais la lettre recommandée avec accusé de réception est indispensable en pratique : elle seule prouve la date de réception, point de départ des effets juridiques.

Le premier effet est financier : en application de l'article 1344-1 du code civil, la mise en demeure de payer une somme d'argent fait courir les intérêts moratoires au taux légal, sans que vous ayez à prouver un quelconque préjudice. Chaque jour de retard après réception de la lettre augmente donc mécaniquement la dette de votre débiteur. Le second effet est procédural : la mise en demeure démontre au juge que vous avez tenté un règlement amiable avant de saisir la justice, ce qui est une condition de recevabilité des demandes au fond portant sur une somme inférieure ou égale à 5 000 euros devant le tribunal judiciaire (une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative est alors exigée, et la mise en demeure en est la première pierre) ; la requête en injonction de payer est en revanche dispensée de ce préalable (Cour de cassation, avis du 25 septembre 2025).

Mise en demeure ou simple relance ?

La relance est une demande aimable, la mise en demeure est une interpellation formelle qui produit des effets de droit. Si vous avez déjà relancé sans succès, ne multipliez pas les rappels : passez à la mise en demeure. Elle montre que vous connaissez vos droits et débloque une majorité de dossiers sans procès.

Vos droits selon la situation : ce que dit la loi

La force d'une mise en demeure tient aux textes qu'elle invoque. Notre modèle cite automatiquement les articles applicables à votre cas. Voici les quatre situations couvertes et le fondement juridique de chacune.

Fondements juridiques selon l'origine de la créance
SituationTextes applicablesCe que vous pouvez exiger
Produit ou service payé, non livréArticles L216-1 à L216-7 du code de la consommationLivraison sous un délai supplémentaire raisonnable, puis résolution du contrat et remboursement intégral sous 14 jours
Produit non conforme ou défectueuxArticles L217-3 et suivants du code de la consommationRéparation ou remplacement, puis réduction du prix ou remboursement contre restitution du bien
Remboursement promis, jamais verséArticles 1103 et 1344 du code civil (force obligatoire de l'engagement)Paiement de la somme promise, majorée des intérêts au taux légal
Prêt entre particuliers non rembourséArticles 1344, 1344-1 et 1902 du code civilRemboursement du capital prêté, majoré des intérêts au taux légal depuis la mise en demeure

Produit non livré : le mécanisme en deux temps de l'article L216-6

Lorsqu'un professionnel ne livre pas à la date convenue (ou, si aucune date n'a été fixée, dans les trente jours suivant la commande), le code de la consommation organise une procédure en deux temps. Premier temps : vous le mettez en demeure de livrer dans un délai supplémentaire raisonnable. Second temps : si la livraison n'intervient toujours pas, vous lui notifiez la résolution du contrat, et il doit vous rembourser la totalité des sommes versées au plus tard dans les quatorze jours. Tout retard de remboursement est sanctionné par des majorations légales qui peuvent atteindre 50 % du prix. Notre lettre couvre le premier temps et annonce le second : c'est exactement le schéma prévu par la loi.

Cas particulier : si la date de livraison était pour vous une condition essentielle du contrat (un traiteur pour un mariage, un billet pour un événement daté) et que cette date est dépassée, vous pouvez résoudre le contrat immédiatement, sans délai supplémentaire, sur le fondement de l'article L216-6, 2°.

Produit défectueux : la garantie légale de conformité

La garantie légale de conformité des articles L217-3 et suivants du code de la consommation s'applique à tout achat effectué par un particulier auprès d'un professionnel. Elle dure deux ans à compter de la délivrance du bien, et tout défaut apparaissant pendant ces deux ans est présumé avoir existé dès l'origine (douze mois pour un bien d'occasion). C'est au vendeur, et non au fabricant, qu'elle s'impose : ne vous laissez pas renvoyer vers la marque. Vous choisissez d'abord entre réparation et remplacement ; si la mise en conformité est impossible ou n'intervient pas dans les trente jours, vous pouvez exiger une réduction du prix ou la résolution de la vente avec remboursement intégral.

Prêt entre particuliers : la mise en demeure avant le tribunal

Pour une somme prêtée à un proche, la difficulté est souvent la preuve : au-delà de 1 500 euros, l'écrit est exigé par l'article 1359 du code civil, d'où l'intérêt d'une reconnaissance de dette signée dès la remise des fonds. La mise en demeure reste utile dans tous les cas : elle fixe officiellement la date d'exigibilité, fait courir les intérêts et constitue la pièce préalable indispensable à une requête en injonction de payer. Si aucune date de remboursement n'avait été convenue, la mise en demeure sert précisément à en fixer une.

Comment remplir votre mise en demeure champ par champ

Une mise en demeure efficace est précise, chiffrée et datée. Le formulaire ci-dessus vous guide bloc par bloc.

  • Le destinataire : pour une société, utilisez la dénomination sociale exacte et l'adresse du siège social, que vous trouverez dans les mentions légales du site ou sur l'annuaire officiel des entreprises. Une lettre adressée à une enseigne commerciale approximative peut être contestée.
  • La description de la créance : datez et référencez tout (numéro de commande, de facture, mode de paiement). Le destinataire ne doit avoir aucun moyen de prétendre qu'il ne voit pas de quoi vous parlez.
  • Le montant : réclamez une somme exacte, justifiable pièce par pièce. Un montant gonflé décrédibilise la démarche et fragilise un éventuel dossier judiciaire.
  • Les démarches préalables : mentionnez vos relances (dates des e-mails, appels). Ce rappel démontre votre bonne foi et l'inertie du débiteur.
  • Le délai : 8 ou 15 jours sont les standards. La loi parle de « délai raisonnable » : un délai trop court pourrait être jugé insuffisant, un délai trop long retarde inutilement vos intérêts.

Ton ferme, jamais de menace pénale

Une mise en demeure menace d'une action civile (paiement, intérêts, dommages et intérêts), jamais d'une plainte pénale pour faire pression. Menacer d'une plainte pour « escroquerie » ou « abus de confiance » afin d'obtenir un paiement peut être qualifié de chantage (article 312-10 du code pénal) et se retourner contre vous. Notre modèle s'en tient aux menaces licites : la saisine du juge civil.

Envoi de la lettre et suites si le débiteur ne paie pas

Envoyez la mise en demeure par lettre recommandée avec accusé de réception et conservez précieusement la preuve de dépôt et l'avis de réception : ce sont eux qui datent le point de départ des intérêts et prouvent l'interpellation. Doublez l'envoi d'un e-mail si vous avez une adresse de contact, mais l'e-mail seul ne remplace pas le recommandé.

Si le délai expire sans paiement, plusieurs voies s'ouvrent selon le montant et l'adversaire. Contre un professionnel, signalez le litige sur la plateforme SignalConso de la DGCCRF et saisissez le médiateur de la consommation dont relève le vendeur (ses coordonnées figurent obligatoirement dans les conditions générales de vente) : la médiation est gratuite pour le consommateur. Contre un particulier comme contre un professionnel, la requête en injonction de payer devant le tribunal judiciaire est une procédure écrite, rapide et peu coûteuse, parfaitement adaptée aux créances documentées : le juge rend une ordonnance qu'un commissaire de justice signifie ensuite au débiteur.

Pour les demandes au fond jusqu'à 5 000 euros devant le tribunal judiciaire, rappelons qu'une tentative de résolution amiable (conciliateur de justice, médiateur) est un préalable obligatoire ; la requête en injonction de payer en est dispensée (Cour de cassation, avis du 25 septembre 2025). Le conciliateur de justice est gratuit et se saisit très simplement, notamment via la plateforme officielle de la justice. Votre mise en demeure restée sans réponse sera la pièce maîtresse de ce dossier amiable puis, le cas échéant, judiciaire.

Les erreurs qui affaiblissent une mise en demeure

  • Rester vague sur la somme ou les faits : une lettre imprécise n'a pas l'effet d'interpellation exigé par l'article 1344 du code civil.
  • Oublier la mention « mise en demeure » : elle doit apparaître clairement pour lever toute ambiguïté sur la nature du courrier. Notre modèle la place dans l'objet.
  • Envoyer en courrier simple : sans accusé de réception, impossible de prouver la date de réception, donc de faire courir les intérêts.
  • Menacer d'une plainte pénale : la pression pénale pour obtenir un paiement est illicite et contre-productive.
  • Fixer un délai fantaisiste : 48 heures pour rembourser 2 000 euros n'est pas un délai raisonnable ; le juge pourrait considérer la procédure de résolution mal engagée.
  • Laisser traîner : la plupart des actions en matière de consommation et entre particuliers se prescrivent par cinq ans (deux ans pour l'action des professionnels contre les consommateurs). N'attendez pas des années pour agir.

Références légales

Articles 1344, 1344-1, 1359 et 1902 du code civil ; articles L216-1 à L216-7 (livraison), L217-3 et suivants (garantie légale de conformité) du code de la consommation ; article 750-1 du code de procédure civile (préalable amiable pour les demandes au fond jusqu'à 5 000 euros, dont l'injonction de payer est dispensée : Cour de cassation, avis n° 25-70.013 du 25 septembre 2025).

Questions fréquentes

La mise en demeure est-elle obligatoire avant d'aller en justice ?

Très souvent, oui. Pour obtenir la résolution d'une vente non livrée, l'article L216-6 du code de la consommation impose d'abord une mise en demeure de livrer dans un délai supplémentaire. Pour faire courir les intérêts de retard, l'article 1344-1 du code civil l'exige également. Et pour les demandes au fond jusqu'à 5 000 euros devant le tribunal judiciaire, le juge vérifie qu'une tentative amiable a précédé la saisine (la requête en injonction de payer en est dispensée) : la mise en demeure restée sans réponse en est la première preuve. Même quand elle n'est pas strictement obligatoire, elle est toujours recommandée : elle résout une grande partie des litiges sans procès.

Puis-je rédiger la mise en demeure moi-même ou faut-il un avocat ?

Aucun texte n'impose l'intervention d'un avocat ou d'un commissaire de justice pour une mise en demeure : un courrier signé de votre main, précis et envoyé en recommandé, produit exactement les mêmes effets juridiques. L'avocat ou la sommation par commissaire de justice apportent un poids psychologique supplémentaire, utiles pour les grosses créances ou les débiteurs de mauvaise foi. Pour la grande majorité des litiges de consommation et des prêts entre particuliers, une lettre bien construite, citant les bons articles, suffit à débloquer la situation.

Le vendeur me renvoie vers le fabricant pour mon produit défectueux : est-ce légal ?

Non. La garantie légale de conformité pèse sur le vendeur, et sur lui seul (article L217-3 du code de la consommation). Il ne peut pas subordonner votre remboursement ou le remplacement du bien à une expertise du fabricant, ni vous imposer de contacter la marque. Adressez votre mise en demeure au vendeur : c'est lui qui devra, le cas échéant, se retourner ensuite contre son propre fournisseur. Attention à ne pas confondre avec la garantie commerciale (dite « constructeur »), qui est facultative et s'ajoute à la garantie légale sans jamais la remplacer.

Que se passe-t-il si le destinataire ne retire pas le recommandé ?

La jurisprudence considère que la mise en demeure produit ses effets dès la première présentation de la lettre recommandée, même si le destinataire ne la retire jamais : un débiteur ne peut pas neutraliser vos droits en refusant son courrier. Conservez l'avis de passage retourné par La Poste avec la mention « pli avisé et non réclamé » : il constitue votre preuve. En cas de doute sur l'adresse (professionnel ayant déménagé, particulier introuvable), vérifiez le siège social sur l'annuaire officiel des entreprises avant l'envoi, ou faites délivrer une sommation de payer par commissaire de justice.

Combien d'intérêts puis-je réclamer après la mise en demeure ?

Les intérêts moratoires courent au taux légal à compter de la réception de la mise en demeure (article 1344-1 du code civil). Le taux légal est fixé chaque semestre par arrêté ; il est sensiblement plus élevé lorsque le créancier est un particulier et le débiteur un professionnel. Le calcul est proportionnel au temps écoulé : montant de la créance multiplié par le taux, au prorata des jours de retard. Si le contrat prévoyait un taux d'intérêt conventionnel, c'est ce taux qui s'applique, dans la limite du taux de l'usure. Devant le juge, vous pouvez aussi demander des dommages et intérêts si le retard vous a causé un préjudice distinct.

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