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Bail commercial (3-6-9)

Votre contrat de bail commercial 3-6-9 complet : destination, loyer, répartition des charges loi Pinel, révision et renouvellement

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Le bailleur

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Le bail commercial, dit « 3-6-9 », est le contrat qui lie le propriétaire d'un local au commerçant ou à l'artisan qui y exploite son fonds. C'est l'un des contrats les plus protecteurs du droit français : durée minimale de 9 ans, droit au renouvellement, indemnité d'éviction si le bailleur refuse de renouveler, loyer plafonné à la révision. Ces règles d'ordre public (articles L145-1 et suivants du code de commerce) s'imposent quelles que soient les clauses contraires.

Depuis la loi Pinel de 2014, la rédaction est encore plus technique : inventaire limitatif des charges annexé au bail, interdiction d'imputer au preneur les grosses réparations de l'article 606 du code civil, état des lieux obligatoire, indices ILC/ILAT imposés pour la révision. Notre générateur produit un bail complet intégrant ces obligations : désignation, destination, durée et congés triennaux, loyer et indexation, charges, dépôt de garantie, clause résolutoire et renouvellement.

Ce guide explique les points de négociation clés (destination, répartition des charges, dépôt), les différences avec le bail dérogatoire et le bail professionnel, et les pièges qui coûtent cher aux deux parties.

Le statut des baux commerciaux : qui, quoi, combien de temps

Le statut s'applique aux baux de locaux dans lesquels un fonds de commerce ou artisanal est exploité par un preneur immatriculé (RCS ou répertoire des métiers). La durée ne peut être inférieure à 9 ans pour le bailleur ; le preneur, lui, peut résilier tous les 3 ans avec 6 mois de préavis (d'où le nom 3-6-9). En fin de bail, le preneur a droit au renouvellement : si le bailleur refuse, il doit une indemnité d'éviction couvrant la valeur du fonds ou son transfert, souvent très élevée.

Bail commercial, bail dérogatoire, bail professionnel
Bail commercialBail dérogatoireBail professionnel
Durée9 ans minimum3 ans maximum au total6 ans minimum
PublicCommerçants et artisans immatriculésLes mêmes, en début d'activité ou testProfessions libérales
Droit au renouvellementOui, avec indemnité d'éviction à défautNonNon (reconduction tacite)
Résiliation preneurTous les 3 ans, préavis 6 moisSelon le contratÀ tout moment, préavis 6 mois

La clause de destination engage pour 9 ans

Une destination trop étroite (« vente de chaussures pour enfants ») empêche le preneur d'adapter son activité sans procédure de déspécialisation ; une destination « tous commerces » prive le bailleur de contrôle et peut déplafonner le loyer au renouvellement. Négociez une formulation qui couvre l'activité réelle et ses évolutions prévisibles, sans plus.

Charges, travaux, état des lieux : les obligations loi Pinel

  • Inventaire des charges obligatoire : le bail doit annexer un inventaire précis et limitatif des catégories de charges, impôts et taxes, avec leur répartition ; une charge non inventoriée ne peut pas être réclamée au preneur.
  • Grosses réparations : les travaux de l'article 606 du code civil (structure, murs porteurs, toiture) restent à la charge du bailleur, toute clause contraire est réputée non écrite.
  • Taxe foncière : elle peut être imputée au preneur, mais seulement si le bail le stipule expressément dans l'inventaire.
  • État des lieux : obligatoire à l'entrée et à la sortie, contradictoire ou par commissaire de justice à frais partagés ; sans état des lieux d'entrée, le bailleur ne bénéficie pas de la présomption de bon état.
  • États récapitulatifs : le bailleur communique chaque année le récapitulatif des charges et, tous les 3 ans, un état prévisionnel et récapitulatif des travaux.
  • Révision : uniquement sur l'ILC ou l'ILAT ; en cas de déplafonnement, la hausse est lissée à 10 % du loyer de l'année précédente par an.

Le dépôt de garantie et les loyers d'avance

Aucun plafond légal, mais un usage : 3 mois de loyer. Attention à la règle fiscale et civile : si le bailleur détient plus de deux termes de loyer d'avance (dépôt compris), l'excédent produit des intérêts au profit du preneur. Un dépôt de 6 mois pour un loyer payable mensuellement d'avance déclenche donc des intérêts sur 4 mois.

Congés, impayés et fin du bail

Le congé triennal du preneur se donne par acte de commissaire de justice ou lettre recommandée avec accusé de réception, au moins 6 mois avant l'échéance. En cas d'impayé, la clause résolutoire ne joue qu'un mois après un commandement de payer resté infructueux, et le juge peut suspendre ses effets en accordant des délais. En fin de bail, trois issues : renouvellement (loyer plafonné sauf exceptions), refus de renouvellement avec indemnité d'éviction, ou tacite prolongation si personne ne se manifeste, le bail se poursuivant alors au-delà de 9 ans avec un risque de déplafonnement du loyer après 12 ans.

Références légales

Code de commerce : articles L145-1 et suivants (champ du statut), L145-4 (durée et congé triennal), L145-8 à L145-30 (renouvellement et indemnité d'éviction), L145-33 à L145-39 (loyer, plafonnement, révision triennale), L145-40-1 (état des lieux), L145-40-2 et R145-35 à R145-37 (inventaire et répartition des charges, exclusions), L145-41 (clause résolutoire), L145-47 et suivants (déspécialisation). Code civil : article 606 (grosses réparations). Loi Pinel n° 2014-626 du 18 juin 2014.

Questions fréquentes

Que veut dire bail 3-6-9 exactement ?

C'est le surnom du bail commercial : conclu pour 9 ans minimum, il peut être résilié par le preneur à l'expiration de chaque période triennale (3 ans, 6 ans), avec un préavis de 6 mois donné par lettre recommandée avec accusé de réception ou acte de commissaire de justice. Le bailleur, lui, ne peut pas résilier aux échéances triennales, sauf cas limités (construction, surélévation, transformation) et moyennant indemnité. Les parties peuvent supprimer la faculté de résiliation triennale du preneur uniquement dans certains baux (plus de 9 ans, locaux monovalents, bureaux).

Qui paie la taxe foncière et les grosses réparations dans un bail commercial ?

Depuis la loi Pinel, les grosses réparations de l'article 606 du code civil (structure, murs porteurs, couverture) sont impérativement à la charge du bailleur : toute clause contraire est réputée non écrite. La taxe foncière, en revanche, peut être transférée au preneur, mais seulement par une stipulation expresse figurant dans l'inventaire des charges annexé au bail. Les honoraires de gestion des loyers et les charges des locaux vacants ne peuvent jamais être imputés au preneur.

Comment le loyer d'un bail commercial est-il révisé ?

Deux mécanismes : la révision triennale légale (tous les 3 ans, à la demande de l'une des parties, plafonnée à la variation de l'ILC ou de l'ILAT) et, si le bail la prévoit, une clause d'échelle mobile avec indexation annuelle automatique sur le même indice. L'ICC est interdit depuis la loi Pinel. Au renouvellement, le loyer reste en principe plafonné à la variation de l'indice sur 9 ans ; le déplafonnement (modification notable des facteurs locaux de commercialité, bail de plus de 12 ans) est lissé à 10 % par an.

Le bailleur peut-il refuser de renouveler le bail commercial ?

Oui, mais cela coûte cher : le refus de renouvellement ouvre droit pour le preneur à une indemnité d'éviction égale à la valeur du fonds de commerce (si la clientèle est perdue) ou aux frais de transfert (si le fonds peut être déplacé), plus les frais accessoires (déménagement, réinstallation, droits de mutation). Le bailleur échappe à l'indemnité uniquement pour motif grave et légitime contre le preneur (impayés, infractions au bail après mise en demeure) ou si l'immeuble doit être démoli pour insalubrité.

Un bail commercial doit-il être rédigé par un notaire ?

Non : le bail commercial est valable sous seing privé, et c'est la pratique majoritaire. L'acte notarié apporte la force exécutoire (utile en cas d'impayés, le bailleur pouvant saisir sans jugement préalable) et une sécurité de rédaction, moyennant des émoluments. Sous seing privé, faites le bail en autant d'originaux que de parties et enregistrez-le si une partie le souhaite. L'essentiel est ailleurs : annexes obligatoires (inventaire des charges, état des lieux, diagnostics) et clauses conformes au statut, car les clauses contraires aux règles d'ordre public sont réputées non écrites.

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