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Assurance

Résiliation d'assurance emprunteur (loi Lemoine)

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L'assurance emprunteur représente souvent le deuxième coût d'un crédit immobilier après les intérêts : sur vingt ans, plusieurs milliers d'euros séparent le contrat groupe de la banque d'une assurance individuelle équivalente. Depuis la loi Lemoine du 28 février 2022, vous pouvez changer d'assurance de prêt à tout moment, sans attendre une date anniversaire, sans frais et sans pénalité : c'est l'article L113-12-2 du code des assurances.

La démarche se joue en deux lettres, et notre générateur produit les deux : d'abord la demande de substitution adressée à votre banque, avec le nouveau contrat joint et le rappel de son délai de réponse de dix jours ouvrés ; puis, une fois l'accord de la banque obtenu, la résiliation de l'ancien contrat auprès de votre assureur actuel.

Ce guide détaille la condition centrale du dispositif, l'équivalence des garanties, l'ordre exact des démarches pour ne jamais rester sans couverture, les motifs de refus admis (et ceux qui ne le sont pas), ainsi que les autres apports de la loi Lemoine : suppression du questionnaire médical sous conditions et droit à l'oubli ramené à cinq ans.

La loi Lemoine : résilier son assurance de prêt à tout moment

Avant 2022, changer d'assurance emprunteur relevait du parcours d'obstacles : la loi Hamon limitait la résiliation à la première année du prêt, l'amendement Bourquin l'ouvrait ensuite à chaque date anniversaire, avec des préavis que les banques opposaient volontiers. La loi Lemoine a balayé ce calendrier : pour tous les crédits immobiliers couvrant un bien à usage d'habitation (ou mixte habitation et professionnel), la résiliation est possible à tout moment, dès la signature de l'offre de prêt, sans frais ni pénalité. Le droit s'applique à tous les contrats en cours, quelle que soit leur date de souscription.

Le principe fondateur reste celui de la délégation d'assurance : la banque ne peut pas imposer son contrat groupe. Elle peut seulement exiger que le contrat de remplacement présente un niveau de garanties équivalent à celui qu'elle demande. En contrepartie, elle doit motiver tout refus de façon exhaustive et répondre vite. L'enjeu financier justifie largement la démarche : les contrats individuels sont fréquemment 30 à 50 % moins chers que les contrats groupe à garanties égales, surtout pour les profils jeunes et en bonne santé, et l'économie se chiffre couramment en milliers d'euros sur la durée restante du prêt.

Ce que la loi Lemoine a changé d'autre

Au-delà de la résiliation à tout moment, la loi a supprimé le questionnaire médical pour les prêts dont la part assurée par personne ne dépasse pas 200 000 euros et dont le remboursement s'achève avant les 60 ans de l'emprunteur, et elle a ramené le droit à l'oubli de dix à cinq ans pour les anciens malades de cancer et d'hépatite C : cinq ans après la fin du protocole thérapeutique, sans rechute, plus aucune déclaration n'est due et aucune surprime ne peut être appliquée. Les assureurs doivent enfin informer chaque année les assurés de leur droit de résilier.

L'équivalence des garanties : la seule condition qui compte

La banque ne peut refuser la substitution que pour un seul motif : le nouveau contrat n'offre pas un niveau de garanties équivalent à celui exigé pour votre prêt. Cette équivalence n'est pas laissée à son appréciation discrétionnaire : le Comité consultatif du secteur financier (CCSF) a défini une liste limitative de critères, parmi lesquels chaque banque en choisit un nombre plafonné (jusqu'à onze pour les garanties décès, perte totale et irréversible d'autonomie, invalidité et incapacité, plus quatre pour la perte d'emploi si elle est exigée).

Les critères retenus par votre banque figurent dans la fiche standardisée d'information (FSI) qui vous a été remise avec l'offre de prêt, et souvent dans une fiche personnalisée. C'est votre document de référence : le nouveau contrat doit cocher ces critères-là, pas davantage. Exemples de critères : couverture des sports amateurs pratiqués, prise en charge de l'invalidité au-delà d'un certain taux, maintien de la garantie en cas de déplacement professionnel à l'étranger, franchise maximale en incapacité de travail.

En pratique, transmettez la FSI de votre prêt au nouvel assureur avant de souscrire : les assureurs alternatifs savent calibrer leur contrat critère par critère et fournissent une attestation d'équivalence. Vérifiez également la quotité (la part du capital assurée sur chaque tête, qui doit rester identique : 100 % sur chaque emprunteur, ou 50/50, selon votre montage) et la date d'effet, qui doit s'enchaîner exactement avec la fin de l'ancien contrat. Un dossier calé sur la FSI ne laisse à la banque aucun motif de refus recevable.

La procédure pas à pas : substitution, accord, résiliation

L'ordre des opérations est la clé d'un changement sans risque. Vous ne devez jamais vous retrouver un seul jour sans assurance : en cas de sinistre pendant un trou de couverture, le capital restant dû ne serait pas pris en charge, et la banque pourrait exiger le remboursement anticipé du prêt.

  1. Souscrivez le nouveau contrat (ou obtenez un projet de contrat ferme) auprès de l'assureur de votre choix, calibré sur les critères de la fiche standardisée d'information de votre prêt.
  2. Envoyez à votre banque la demande de substitution en recommandé avec accusé de réception, accompagnée du nouveau contrat et de ses conditions générales : c'est la lettre « étape 1 » de notre générateur.
  3. La banque dispose de dix jours ouvrés à compter de la réception pour accepter ou refuser. Tout refus doit être motivé de manière exhaustive, exclusivement par un défaut d'équivalence des garanties, critère par critère.
  4. En cas d'acceptation, la banque établit gratuitement un avenant à l'offre de prêt mentionnant le nouveau taux annuel effectif global. Vérifiez la date d'effet retenue.
  5. Résiliez alors l'ancien contrat auprès de votre assureur actuel, en joignant l'accord de la banque : c'est la lettre « étape 2 ». Le nouvel assureur propose souvent de s'en charger ; la lettre vous permet de le faire vous-même ou de doubler la démarche.
  6. Contrôlez le remboursement du trop-perçu : toute cotisation payée d'avance au-delà de la date d'effet de la résiliation doit vous être restituée.

Ne résiliez jamais avant l'accord écrit de la banque

La résiliation de l'ancien contrat sans acceptation préalable de la substitution est la faute classique : si la banque refuse ensuite le nouveau contrat, vous êtes en défaut d'assurance sur un prêt qui l'exige contractuellement. Notre formulaire matérialise cet ordre en deux lettres distinctes, la seconde exigeant la date de l'accord de la banque et sa copie en pièce jointe.

Refus, silence ou manœuvres dilatoires de la banque : vos recours

La banque doit notifier sa décision dans les dix jours ouvrés suivant la réception de votre demande complète. Un refus n'est valable que s'il énonce l'intégralité des motifs, lesquels ne peuvent tenir qu'au défaut d'équivalence des garanties : un refus fondé sur « la politique de l'établissement », sur des frais de dossier ou sur une exigence de domiciliation bancaire est irrégulier. De même, une réponse au compte-gouttes (un motif, puis un autre après correction) est contraire à l'exigence d'exhaustivité.

  • Répondez point par point : si le refus vise des critères précis, demandez au nouvel assureur d'ajuster le contrat ou de fournir une attestation d'équivalence critère par critère, puis représentez la demande.
  • Saisissez le médiateur : chaque banque a un médiateur, saisissable gratuitement après une réclamation écrite restée infructueuse auprès du service client.
  • Signalez à l'ACPR et à la DGCCRF : les manquements aux obligations de la loi Lemoine (dépassement du délai, refus non motivé, frais indus) exposent le prêteur à une amende administrative pouvant atteindre 15 000 euros pour une personne morale.
  • Conservez toutes les preuves : accusés de réception, décisions, échanges. En cas de contentieux, la chronologie documentée fait la différence.

Comment remplir votre lettre champ par champ

Le premier choix du formulaire détermine la lettre produite : demande de substitution à la banque, ou résiliation adressée à l'assureur actuel. Voici comment renseigner le reste.

Les références : prêt, contrat actuel, nouveau contrat

La référence du prêt figure sur votre offre de prêt et vos échéanciers ; le numéro du contrat d'assurance actuel, sur vos avis d'échéance ou votre certificat d'adhésion. Indiquez ensuite le nom du nouvel assureur et, si possible, la référence du contrat ou du devis : elle permet au destinataire de rapprocher immédiatement votre demande des pièces jointes. Pour un prêt à deux, renseignez le co-emprunteur : la lettre est alors rédigée et signée aux deux noms, ce que les banques exigent lorsque les deux têtes sont assurées.

La date d'effet : zéro jour sans couverture

Choisissez une date d'effet unique : le nouveau contrat démarre le jour où l'ancien s'arrête. Calez-la avec le nouvel assureur avant d'envoyer la demande de substitution, en gardant une marge réaliste : comptez le délai d'acheminement du recommandé, les dix jours ouvrés de réponse de la banque et le temps d'émission de l'avenant. Une date trop proche vous obligerait à tout redater ; une date à six ou huit semaines est confortable.

Les pièces à joindre à chaque envoi

Pour la demande de substitution : le nouveau contrat ou projet de contrat, ses conditions générales, la fiche standardisée d'information du nouvel assureur et, idéalement, son attestation d'équivalence des garanties. Pour la résiliation : la copie de l'accord écrit de la banque et, si vous l'avez, l'attestation de souscription du nouveau contrat. Envoyez chaque lettre en recommandé avec accusé de réception : le délai de dix jours ouvrés court à compter de la réception par la banque, et l'accusé en fait foi.

Les erreurs fréquentes qui font capoter un changement d'assurance

  • Résilier l'ancien contrat avant l'accord de la banque : le risque majeur ; en cas de refus de la substitution, vous êtes en défaut d'assurance sur votre prêt.
  • Souscrire sans consulter la fiche standardisée d'information : le nouveau contrat doit répondre aux critères d'équivalence de votre banque, pas à des critères génériques. La FSI est votre cahier des charges.
  • Modifier la quotité au passage : passer de 100 % sur chaque tête à 50/50 pour réduire la prime change le niveau de couverture exigé et justifie un refus. À montage identique, comparez à quotité identique.
  • Accepter des frais de substitution ou d'avenant : la loi les interdit ; aucun frais de dossier, d'étude ou d'avenant ne peut vous être facturé au titre du changement d'assurance.
  • Laisser passer une réponse hors délai sans réagir : au-delà de dix jours ouvrés, relancez par écrit en rappelant la sanction administrative encourue, puis saisissez le médiateur.
  • Oublier le remboursement du trop-perçu : les cotisations payées d'avance au-delà de la date d'effet de la résiliation doivent être restituées ; réclamez-les expressément, comme le fait notre lettre.

Références légales

Code des assurances : article L113-12-2 (résiliation à tout moment de l'assurance emprunteur, issue de la loi n° 2022-270 du 28 février 2022, dite loi Lemoine). Code de la consommation : articles L313-30 (substitution d'assurance, équivalence du niveau de garanties), L313-31 (réponse du prêteur sous dix jours ouvrés, refus motivé de manière exhaustive, avenant gratuit) et L341-39-1 (amende administrative en cas de manquement). Critères d'équivalence : avis du Comité consultatif du secteur financier (CCSF), matérialisés dans la fiche standardisée d'information.

Questions fréquentes

Puis-je changer d'assurance emprunteur même si mon prêt a plusieurs années ?

Oui. Depuis le 1er septembre 2022, la résiliation à tout moment prévue par la loi Lemoine s'applique à tous les contrats d'assurance emprunteur en cours, quelle que soit la date de signature de votre prêt immobilier. Il n'y a plus ni première année à attendre, ni date anniversaire à surveiller, ni préavis de deux mois. La seule condition de fond demeure l'équivalence des garanties : le contrat de remplacement doit couvrir les critères exigés par votre banque, listés dans la fiche standardisée d'information remise avec l'offre de prêt. Plus le capital restant dû et la durée restante sont importants, plus l'économie potentielle est élevée.

Ma banque peut-elle refuser mon nouveau contrat d'assurance ?

Uniquement pour un motif : le défaut d'équivalence du niveau de garanties, apprécié au regard des critères qu'elle a elle-même retenus parmi la liste du CCSF. Elle doit répondre dans les dix jours ouvrés suivant la réception de votre demande et, en cas de refus, énoncer l'intégralité des motifs, critère par critère. Un refus fondé sur sa politique commerciale, sur des frais ou sur votre domiciliation bancaire est irrégulier, tout comme un refus au compte-gouttes qui ajoute des motifs au fil des échanges. En cas de blocage, corrigez les critères visés avec votre nouvel assureur, puis saisissez le médiateur de la banque et, si besoin, signalez le manquement à l'ACPR.

Le changement d'assurance de prêt entraîne-t-il des frais ?

Non, aucun. La loi interdit à la banque de facturer des frais au titre de la substitution : ni frais de dossier, ni frais d'étude, ni frais d'émission de l'avenant au contrat de prêt qui acte le nouveau taux annuel effectif global. L'assureur quitté ne peut pas non plus appliquer de pénalité de résiliation, et il doit vous rembourser la fraction de cotisation payée d'avance correspondant à la période postérieure à la date d'effet. Les seuls coûts réels de l'opération sont l'envoi des recommandés. Toute facturation liée au changement peut être contestée et signalée, la banque s'exposant à une amende administrative.

Dans quel ordre faire les démarches pour ne jamais être sans assurance ?

D'abord souscrire, ensuite substituer, enfin résilier. Concrètement : souscrivez le nouveau contrat calibré sur la fiche standardisée d'information de votre prêt ; envoyez à la banque la demande de substitution avec le contrat joint (lettre étape 1) ; attendez son accord écrit, dû sous dix jours ouvrés ; faites établir l'avenant gratuit ; puis résiliez l'ancien contrat en joignant l'accord de la banque (lettre étape 2), avec une date d'effet identique à celle du nouveau contrat. À aucun moment vous ne devez avoir un jour sans couverture : en cas de sinistre pendant un trou de garantie, le prêt ne serait pas pris en charge et la banque pourrait exiger le remboursement anticipé.

La loi Lemoine s'applique-t-elle aux crédits à la consommation ?

Non. La résiliation à tout moment de l'article L113-12-2 du code des assurances vise l'assurance des crédits immobiliers garantissant un bien à usage d'habitation ou à usage mixte habitation et professionnel. L'assurance facultative d'un crédit à la consommation, d'un prêt auto ou d'un prêt travaux non immobilier n'en relève pas : pour ces contrats, jouez la résiliation annuelle à l'échéance (loi Chatel si l'avis d'échéance est tardif) ou vérifiez les facultés de renonciation propres au contrat. Notez aussi que la loi Lemoine couvre les prêts des particuliers ; les prêts à usage strictement professionnel en sont exclus.

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