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Logement

Lettre d'offre d'achat immobilier

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Une offre d'achat écrite n'est pas une simple marque d'intérêt : c'est un engagement juridique. Si le vendeur l'accepte purement et simplement, au prix et aux conditions proposés, la vente est en principe formée (articles 1113 et 1583 du code civil) : vous ne pouvez plus retirer votre proposition librement, et un désistement injustifié engage votre responsabilité. C'est précisément pour cela qu'une offre bien rédigée se protège elle-même : un prix précis, un délai de validité court, et des conditions suspensives qui vous couvrent si le financement échoue ou si le bien révèle une servitude.

Notre modèle intègre les garde-fous usuels : la condition suspensive d'obtention du prêt (articles L313-40 et L313-41 du code de la consommation), la condition d'absence de servitude ou de charge d'urbanisme, la caducité automatique à l'expiration du délai (article 1117 du code civil), le rappel qu'aucun versement ne peut accompagner l'offre (article 1589-1 du code civil) et le renvoi exprès à un compromis de vente chez le notaire, seul acte qui organise réellement la vente et déclenche votre délai de rétractation de dix jours (loi SRU, article L271-1 du code de la construction et de l'habitation).

Ce guide explique la portée exacte de votre engagement, les conditions suspensives à ne jamais omettre, ce qui se passe après l'acceptation et les pièges classiques : offre orale, prix ambigu entre net vendeur et frais d'agence inclus, versement demandé à tort, confusion entre l'offre et le compromis.

L'offre d'achat vous engage : ce que dit le code civil

L'offre d'achat est une manifestation de volonté qui comprend les éléments essentiels de la vente (le bien et le prix) et exprime votre volonté d'être lié en cas d'acceptation (article 1114 du code civil). La conséquence est mécanique : si le vendeur accepte votre offre par écrit, sans réserve ni contre-proposition, l'accord sur la chose et sur le prix est acquis et la vente est en principe parfaite (article 1583 du code civil), même si tout reste à formaliser chez le notaire. Une contre-proposition du vendeur (un autre prix, d'autres conditions) vaut en revanche refus de votre offre et nouvelle offre de sa part, que vous êtes libre d'accepter ou non.

Pendant le délai de validité que vous avez fixé, vous ne pouvez pas retirer l'offre librement : l'article 1116 du code civil interdit la rétractation avant l'expiration du délai, et un retrait fautif engage votre responsabilité (dommages et intérêts, sans toutefois que le vendeur puisse vous forcer à acheter). À l'expiration du délai sans acceptation, l'offre est caduque de plein droit (article 1117) : vous êtes libéré sans aucune démarche. D'où l'intérêt d'un délai court et écrit noir sur blanc : c'est votre porte de sortie automatique.

Ne signez jamais une offre « sèche » si vous avez besoin d'un prêt

Une offre sans condition suspensive de financement acceptée par le vendeur vous engage à acheter, prêt obtenu ou non. La condition suspensive d'obtention du prêt, reprise ensuite dans le compromis (article L313-41 du code de la consommation), vous libère sans pénalité si les banques refusent le financement aux caractéristiques indiquées. Ne l'omettez que si vous payez réellement comptant : le compromis vous demandera alors une mention manuscrite reconnaissant que vous renoncez à cette protection (article L313-42).

Dernier point de portée : votre engagement se limite aux termes écrits de l'offre. Soignez donc l'identification du bien (adresse, surface, lots, dépendances) et la base du prix : précisez si votre montant s'entend net vendeur ou frais d'agence inclus, en reprenant la même présentation que l'annonce. Une ambiguïté sur ce point est la première source de litige entre offre et compromis.

Prix, validité, conditions suspensives : le contenu d'une offre solide

Aucun texte n'impose de formalisme à l'offre d'achat, mais la pratique notariale a dégagé un contenu type qui protège l'acquéreur sans faire fuir le vendeur. Notre générateur le reprend intégralement.

Les clauses d'une offre d'achat et leur rôle
ClauseFondementCe qu'elle vous apporte
Prix en chiffres et en toutes lettresArticle 1583 du code civilAucune contestation possible sur le montant proposé
Délai de validité (5 à 14 jours)Articles 1116 et 1117 du code civilCaducité automatique : vous êtes libéré sans démarche
Condition suspensive d'obtention du prêtArticles L313-40 et L313-41 du code de la consommationLibération sans pénalité si le financement est refusé
Condition d'absence de servitude ou de chargeLiberté contractuelle (clause usuelle)Sortie si l'urbanisme ou l'état hypothécaire révèle un vice
Aucun versement joint à l'offreArticle 1589-1 du code civilTout engagement unilatéral avec versement exigé est nul
Renvoi au compromis chez le notaireArticle L271-1 du CCH (rétractation SRU)La vente se détaille dans l'avant-contrat, avec vos 10 jours

Sur la condition de financement, indiquez des caractéristiques réalistes : le montant emprunté, la durée maximale et un taux plafond légèrement au-dessus du marché. C'est un équilibre : un taux plafond trop bas rend la condition trop facile à faire jouer et le vendeur préférera une autre offre ; un taux irréaliste à la hausse vous obligerait à accepter un crédit ruineux. Au stade du compromis, la loi impose que cette condition ait une durée de validité d'au moins un mois (article L313-41) : en pratique, les notaires prévoient 45 à 60 jours pour obtenir l'offre de prêt.

La condition d'absence de servitude, elle, couvre ce que la visite ne montre pas : droit de passage du voisin, servitude d'utilité publique, règle d'urbanisme interdisant l'extension que vous projetez, hypothèque supérieure au prix. Elle sera vérifiée par le notaire (documents d'urbanisme, titre de propriété, état hypothécaire) entre le compromis et l'acte définitif. Pour un terrain ou un projet de travaux, complétez votre dossier par un certificat d'urbanisme : c'est une démarche gratuite en mairie qui fige les règles applicables.

Aucun versement avec l'offre : une interdiction d'ordre public

L'article 1589-1 du code civil frappe de nullité tout engagement unilatéral souscrit en vue de l'acquisition d'un bien immobilier pour lequel il est exigé ou reçu un versement, quelle qu'en soit la cause ou la forme. Autrement dit : ni le vendeur ni l'agence ne peuvent vous demander un chèque, un acompte ou une « garantie de sérieux » pour accompagner votre offre d'achat. Si on vous le demande, refusez : la pratique est illégale et l'engagement serait nul.

Le premier versement légitime intervient au stade du compromis : c'est le dépôt de garantie (ou séquestre), en pratique 5 à 10 % du prix, consigné chez le notaire ou l'agent immobilier titulaire d'une garantie financière. Il s'impute sur le prix le jour de la vente, vous est restitué intégralement si vous exercez votre rétractation SRU dans les dix jours ou si une condition suspensive défaille, et n'est acquis au vendeur que si vous renoncez à la vente sans motif prévu au contrat. Même à ce stade, si le compromis est signé sans professionnel, aucun versement ne peut être exigé avant l'expiration du délai de rétractation (article L271-2 du code de la construction et de l'habitation).

Après l'acceptation : compromis chez le notaire et rétractation SRU de 10 jours

L'acceptation écrite de votre offre forme l'accord, mais elle n'organise rien : ni le calendrier, ni le détail des conditions suspensives, ni les diagnostics, ni le sort du mobilier. C'est le rôle du compromis de vente (ou de la promesse de vente), signé chez le notaire dans les semaines qui suivent, en pratique deux semaines à un mois après l'accord. Notre lettre propose ce délai noir sur blanc : c'est lui qui empêche la situation de s'enliser. Le compromis reprend le prix de l'offre acceptée, détaille les conditions suspensives (prêt avec ses caractéristiques et son délai, urbanisme, préemption, hypothèques), fixe la date butoir de l'acte authentique et organise le séquestre. Seul cet avant-contrat sécurise réellement les deux parties : l'offre acceptée engage, mais c'est le compromis qui protège.

C'est aussi au stade du compromis que naît votre protection la plus connue : le délai de rétractation de dix jours de la loi SRU (article L271-1 du code de la construction et de l'habitation). Il bénéficie à l'acquéreur non professionnel d'un logement et court à compter du lendemain de la première présentation de la lettre notifiant l'avant-contrat (ou de sa remise selon les formes prévues). Pendant ces dix jours, vous pouvez renoncer à l'achat sans motif et sans pénalité, le dépôt de garantie vous étant restitué sous vingt et un jours. Retenez la conséquence pratique : ce délai ne s'applique pas à l'offre d'achat elle-même. Entre l'acceptation de l'offre et la signature du compromis, vous êtes engagé sans bénéficier encore de la rétractation : ne faites donc une offre que sur un bien que vous voulez vraiment.

Le vendeur reste libre tant qu'il n'a pas accepté

Votre offre n'oblige pas le vendeur : il peut la refuser, laisser le délai expirer ou faire une contre-proposition. En présence de plusieurs offres, il choisit librement, y compris une offre inférieure à la vôtre. À l'inverse, un vendeur qui a accepté par écrit une offre au prix ne peut plus se raviser pour vendre à un tiers mieux-disant : l'accord sur la chose et sur le prix est formé, et sa responsabilité serait engagée.

Comment remplir votre offre d'achat champ par champ

Le formulaire compose la lettre avec les clauses adaptées à votre financement et à vos conditions. Voici les arbitrages à faire au moment de remplir.

Le prix : en chiffres, en lettres et sur la bonne base

Indiquez le prix en chiffres et en toutes lettres : la double mention élimine toute contestation. Surtout, alignez-vous sur la présentation de l'annonce : si elle affiche un prix « frais d'agence inclus », proposez sur cette base ; si elle distingue le net vendeur et les honoraires, précisez-le dans le champ des précisions du bien. Un écart d'interprétation sur les honoraires d'agence représente plusieurs milliers d'euros et fait capoter des accords.

Le délai de validité : court, mais réaliste

Cinq à dix jours suffisent dans la plupart des cas : assez pour que le vendeur réfléchisse ou consulte, assez court pour que vous ne restiez pas immobilisé sur un bien pendant que d'autres opportunités passent. Rappelez-vous que pendant ce délai, vous ne pouvez pas retirer l'offre librement (article 1116 du code civil) : ne proposez jamais une validité plus longue que votre certitude d'achat. À l'expiration, la caducité est automatique, sans lettre d'annulation à envoyer.

Le financement : la condition suspensive qui vous protège

Si vous empruntez, renseignez le montant du prêt, sa durée maximale et un taux plafond avec une marge raisonnable par rapport au marché : ces caractéristiques encadrent la condition suspensive et seront reprises dans le compromis. Si vous payez comptant, sélectionnez ce mode : l'offre le mentionne, ce qui la rend plus attractive pour le vendeur, et vous signerez au compromis la mention manuscrite de l'article L313-42 du code de la consommation reconnaissant que vous renoncez à la protection de la condition de prêt. Ne déclarez jamais un achat comptant pour « faire mieux » si vous avez en réalité besoin d'un crédit : vous seriez engagé sans filet.

L'envoi : une preuve de date, par l'agence ou en direct

Si le bien est vendu par agence, adressez l'offre au vendeur par l'intermédiaire de l'agence (renseignez son nom dans le formulaire) : l'agent a l'obligation de transmettre toute offre au vendeur. En vente directe, envoyez au vendeur lui-même. Dans les deux cas, privilégiez le recommandé avec accusé de réception ou la remise en main propre contre récépissé daté et signé : le délai de validité court à compter de la réception, il faut donc pouvoir la dater. Un envoi par e-mail en parallèle accélère les échanges, mais gardez une trace formelle.

Les pièges classiques de l'offre d'achat

  • L'offre orale ou par SMS : difficile à prouver, elle laisse le vendeur négocier avec d'autres candidats en s'appuyant sur votre montant. Une offre écrite, datée et limitée dans le temps inverse le rapport de force.
  • L'offre sans condition de prêt « pour rassurer » : si les banques refusent, vous êtes engagé quand même. La condition suspensive de financement est votre seule sortie sans pénalité.
  • Le versement demandé avec l'offre : illégal (article 1589-1 du code civil). Le premier versement légitime est le séquestre, au compromis, entre les mains du notaire ou d'un professionnel garanti.
  • Croire que la rétractation SRU couvre l'offre : les dix jours ne courent qu'à la notification du compromis ou de la promesse. Entre l'acceptation de l'offre et le compromis, vous êtes engagé sans droit de repentir.
  • Multiplier les offres simultanées : deux offres acceptées, deux ventes formées. Ne faites qu'une offre à la fois, et attendez sa caducité ou son refus avant de proposer ailleurs.

Références légales

Code civil : articles 1113 et 1114 (formation du contrat, définition de l'offre), 1116 et 1117 (irrévocabilité pendant le délai, caducité à l'expiration), 1583 (la vente est parfaite dès l'accord sur la chose et sur le prix), 1589 (la promesse de vente vaut vente), 1589-1 (nullité de l'engagement unilatéral avec versement). Code de la consommation : articles L313-40 (indication du recours ou non à un prêt), L313-41 (condition suspensive d'obtention du prêt, validité minimale d'un mois dans l'acte), L313-42 (mention manuscrite en cas d'achat sans prêt). Code de la construction et de l'habitation : articles L271-1 (délai de rétractation de 10 jours de l'acquéreur non professionnel, loi SRU du 13 décembre 2000) et L271-2 (encadrement des versements avant l'expiration du délai).

Questions fréquentes

Une offre d'achat immobilier engage-t-elle vraiment l'acheteur ?

Oui. Dès lors qu'elle précise le bien et le prix et exprime votre volonté d'être lié (article 1114 du code civil), l'offre acceptée purement et simplement par le vendeur forme l'accord sur la chose et sur le prix : la vente est en principe parfaite (article 1583). Pendant son délai de validité, vous ne pouvez pas la retirer librement (article 1116) : un désistement injustifié après acceptation engage votre responsabilité et peut vous coûter des dommages et intérêts, même si le vendeur ne peut pas vous forcer à acheter. Vos vraies portes de sortie sont celles que l'offre prévoit : la caducité à l'expiration du délai, la défaillance d'une condition suspensive (prêt refusé, servitude révélée), puis, une fois le compromis signé et notifié, le délai de rétractation SRU de dix jours.

Quelles conditions suspensives mettre dans une offre d'achat ?

La première, incontournable si vous empruntez, est l'obtention du prêt : indiquez le montant, la durée maximale et un taux plafond réalistes ; cette condition, prévue par les articles L313-40 et L313-41 du code de la consommation, vous libère sans pénalité si le financement est refusé, et devra avoir une validité d'au moins un mois dans le compromis. La deuxième clause usuelle est l'absence de servitude ou de charge grevant le bien (droit de passage, servitude d'urbanisme, hypothèque supérieure au prix) : elle couvre ce que la visite ne montre pas et sera vérifiée par le notaire. Selon votre projet, ajoutez au compromis des conditions spécifiques : obtention d'un permis de construire, absence de préemption, vente préalable de votre propre bien. Restez mesuré : chaque condition rend l'offre moins attractive aux yeux du vendeur.

Quelle durée de validité donner à une offre d'achat ?

Cinq à dix jours dans la plupart des cas, quatorze au maximum. Le délai doit laisser au vendeur le temps de réfléchir, de comparer les offres ou de consulter son notaire, mais pas davantage : pendant toute sa durée, vous êtes tenu par votre proposition et ne pouvez pas la retirer librement (article 1116 du code civil). À l'expiration du délai sans acceptation écrite, l'offre devient caduque de plein droit (article 1117) : vous êtes automatiquement libéré, sans lettre d'annulation à envoyer, et pouvez faire une offre sur un autre bien. Notre modèle inscrit cette caducité noir sur blanc et précise que l'acceptation doit être écrite : une acceptation orale tardive ou ambiguë ne vous engage pas.

Peut-on me demander un chèque ou un acompte avec mon offre d'achat ?

Non. L'article 1589-1 du code civil frappe de nullité tout engagement unilatéral souscrit en vue de l'acquisition d'un bien immobilier pour lequel un versement est exigé ou reçu, quelle qu'en soit la forme : ni le vendeur ni l'agence ne peuvent conditionner l'examen de votre offre à un chèque de « réservation » ou de « garantie de sérieux ». Le premier versement légitime est le dépôt de garantie versé au stade du compromis, en pratique 5 à 10 % du prix, séquestré chez le notaire ou un professionnel disposant d'une garantie financière. Il s'impute sur le prix le jour de la vente et vous est intégralement restitué si vous exercez votre rétractation SRU de dix jours ou si une condition suspensive fait tomber la vente.

Le délai de rétractation de 10 jours s'applique-t-il à l'offre d'achat ?

Non, et c'est l'erreur la plus répandue. Le délai de rétractation de dix jours de la loi SRU (article L271-1 du code de la construction et de l'habitation) bénéficie à l'acquéreur non professionnel d'un logement, mais il ne court qu'à compter du lendemain de la première présentation de la lettre lui notifiant l'avant-contrat : compromis ou promesse de vente. Pendant ces dix jours, vous pouvez renoncer sans motif ni pénalité, avec restitution du dépôt de garantie sous vingt et un jours. En revanche, entre l'acceptation de votre offre et la signature du compromis, aucun droit de repentir ne joue : vous êtes engagé par votre offre acceptée. D'où la règle de prudence : ne faites une offre écrite que sur un bien que vous êtes réellement prêt à acheter, et enchaînez vite vers le compromis chez le notaire, seul acte qui sécurise la vente.

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