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Travail

Lettre de rupture de période d'essai (salarié)

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Le poste ne correspond pas à l'annonce, l'ambiance ne vous convient pas, ou une meilleure opportunité s'est présentée : la période d'essai est précisément faite pour cela. Pendant l'essai, vous pouvez rompre le contrat librement, sans motif et sans préavis long : votre seule obligation est de respecter un délai de prévenance de 48 heures, ramené à 24 heures si vous êtes présent depuis moins de 8 jours (article L1221-26 du code du travail). Ni indemnité à verser, ni justification à fournir, ni procédure à suivre.

Notre générateur rédige pour vous une lettre de rupture de période d'essai complète : référence aux articles L1221-25 et L1221-26 du code du travail, délai de prévenance adapté à votre durée de présence, date de fin de contrat explicite et demande des documents de fin de contrat. Vous remplissez le formulaire, vous téléchargez le PDF, vous le remettez à votre employeur, et votre contrat s'achève à la date annoncée.

Ce guide fait le point sur les règles applicables en 2026 : la liberté de rupture pendant l'essai, le calcul précis du délai de prévenance, la différence fondamentale avec la démission, les conséquences sur vos droits au chômage et les pièges du décompte de la période d'essai.

Rompre sa période d'essai : une liberté quasi totale

Le code du travail (articles L1221-20 et suivants) pose le principe : pendant la période d'essai, chacune des parties peut rompre le contrat sans motif, sans indemnité et sans procédure. Côté salarié, c'est la sortie la plus simple qui existe en droit du travail : pas de préavis d'un ou trois mois comme en cas de démission, pas d'entretien, pas de convention à homologuer. La rupture d'essai n'est juridiquement ni une démission ni un licenciement, c'est une catégorie à part.

Il reste une obligation, et une seule : le délai de prévenance de l'article L1221-26. Le salarié qui met fin à sa période d'essai doit prévenir l'employeur 48 heures à l'avance, délai ramené à 24 heures si sa présence dans l'entreprise est inférieure à 8 jours. Ce délai est fixe : contrairement à celui de l'employeur, il n'augmente pas avec l'ancienneté. Que vous rompiez au dixième jour ou au dernier jour d'un essai de quatre mois, 48 heures suffisent.

Aucune forme n'est imposée pour notifier la rupture : un écrit est néanmoins indispensable en pratique, car il fixe la date de la notification, donc le point de départ du délai de prévenance et la date de fin du contrat. La remise en main propre contre décharge est le mode le plus adapté : sur un délai de 24 ou 48 heures, attendre la première présentation d'un recommandé ferait perdre l'essentiel de l'intérêt du dispositif. Notre modèle prévoit les deux modes.

La démarche est gratuite, sans formulaire officiel

Aucun formulaire administratif n'existe pour rompre une période d'essai : une simple lettre suffit et la démarche est gratuite. Le site officiel code.travail.gouv.fr publie les textes de référence. Notre service génère pour vous une lettre correctement datée et articulée sur les articles L1221-25 et L1221-26, ce qui évite les deux erreurs classiques : oublier le délai de prévenance et qualifier à tort la rupture de « démission ».

Le délai de prévenance : 24 ou 48 heures, comment le compter

Le délai de prévenance court à compter de la notification de la rupture : jour de la remise en main propre contre décharge, ou jour de la première présentation de la lettre recommandée. Il se compte en heures : si vous remettez votre lettre le lundi à 9 heures avec 48 heures de prévenance, votre contrat peut prendre fin le mercredi à 9 heures. En pratique, on retient le plus souvent des journées entières : lettre remise lundi, dernier jour travaillé mercredi.

Délai de prévenance selon l'auteur de la rupture (articles L1221-25 et L1221-26)
Durée de présence du salariéRupture par le salariéRupture par l'employeur
Moins de 8 jours24 heures24 heures
De 8 jours à 1 mois48 heures48 heures
Après 1 mois de présence48 heures2 semaines
Après 3 mois de présence48 heures1 mois

La « durée de présence » s'apprécie en jours calendaires depuis le premier jour de travail, périodes de renouvellement comprises. Attention à un point important : le délai de prévenance ne peut pas avoir pour effet de prolonger la période d'essai au-delà de son terme. Si vous notifiez la rupture l'avant-dernier jour de l'essai, le contrat s'arrête au terme de l'essai, même si les 48 heures ne sont pas entièrement écoulées.

Que risquez-vous si vous partez sans respecter la prévenance ? La loi ne prévoit de sanction financière explicite qu'à la charge de l'employeur (indemnité compensatrice de l'article L1221-25 en cas de prévenance non respectée). Côté salarié, un départ brutal reste néanmoins fautif : l'employeur pourrait réclamer des dommages-intérêts s'il prouve un préjudice. Respecter 24 ou 48 heures coûte peu et vous met totalement à l'abri : c'est ce que fait notre lettre en annonçant explicitement votre dernier jour de travail.

Vérifiez d'abord que vous êtes encore en période d'essai

La rupture simplifiée n'est possible que pendant l'essai. L'article L1221-19 du code du travail fixe les durées maximales initiales pour un CDI : 2 mois pour les ouvriers et employés, 3 mois pour les agents de maîtrise et techniciens, 4 mois pour les cadres. L'essai peut être renouvelé une fois si un accord de branche étendu le prévoit et si votre contrat (ou la lettre d'engagement) stipule expressément cette possibilité, dans la limite totale de 4, 6 ou 8 mois selon la catégorie (articles L1221-21 et suivants). Depuis la loi n° 2023-171 du 9 mars 2023, les accords de branche ne peuvent plus prévoir de périodes d'essai initiales plus longues que ces plafonds légaux.

En CDD, l'essai est plus court (article L1242-10) : un jour par semaine de durée du contrat, dans la limite de deux semaines pour les contrats de six mois au plus, et d'un mois au-delà. La période d'essai doit toujours être prévue expressément dans le contrat : sans clause, il n'y a pas d'essai, et vous êtes alors dans le régime de la démission ou de la rupture anticipée du CDD.

Essai expiré = démission, pas rupture d'essai

Si la période d'essai (renouvellement compris) est déjà expirée au jour de la notification, votre lettre de rupture d'essai ne vaut rien : la rupture s'analyse en démission, avec le préavis conventionnel complet (souvent un à trois mois). Vérifiez la date de fin d'essai sur votre contrat avant d'utiliser ce modèle. L'essai se décompte de manière calendaire (samedi, dimanche et jours fériés compris) et il est prolongé par les absences (maladie, congés) d'une durée équivalente. En cas de doute, utilisez plutôt notre lettre de démission.

Rupture d'essai et chômage : soyez lucide avant de partir

C'est le point que trop de salariés découvrent après coup : la rupture de la période d'essai à votre initiative est assimilée à un départ volontaire par France Travail. Elle n'ouvre en principe pas droit à l'allocation de retour à l'emploi, exactement comme une démission. À l'inverse, si c'est l'employeur qui rompt l'essai, il s'agit d'une privation involontaire d'emploi qui ouvre droit au chômage dans les conditions habituelles.

  • Exception principale : la réglementation d'assurance chômage considère comme légitime la rupture volontaire d'un emploi repris après un licenciement, une rupture conventionnelle ou une fin de CDD, lorsque vous n'avez pas travaillé plus de 65 jours dans ce nouvel emploi et que vous n'étiez pas inscrit comme demandeur d'emploi entre les deux. Vos droits issus de la perte du précédent emploi sont alors préservés.
  • Autres cas légitimes : les motifs de démission légitime (suivi de conjoint muté, non-paiement des salaires, violences...) s'appliquent aussi à la rupture d'essai à l'initiative du salarié.
  • Réexamen après 121 jours : hors cas légitime, vous pouvez demander à l'instance paritaire régionale de France Travail un réexamen après 121 jours de chômage non indemnisé, sans garantie de résultat.

Si vous étiez indemnisé avant de prendre ce poste et que vous rompez l'essai rapidement, contactez France Travail avant de notifier la rupture pour vérifier votre situation au regard de la règle des 65 jours travaillés : quelques jours d'écart peuvent changer vos droits.

Comment remplir votre lettre champ par champ

Le formulaire ci-dessus assemble votre lettre en quelques minutes. Voici les points d'attention pour chaque champ.

Type de contrat et date de début

Indiquez la date de votre premier jour de travail : c'est elle qui marque le début de l'essai, pas la date de signature du contrat. La lettre la mentionne pour identifier sans ambiguïté le contrat rompu et situer la rupture pendant l'essai. Sélectionnez CDI ou CDD : la formulation s'adapte automatiquement.

Durée de présence : 24 ou 48 heures de prévenance

Comptez vos jours calendaires de présence depuis le premier jour de travail. Moins de 8 jours : prévenance de 24 heures. 8 jours ou plus : 48 heures. En cas d'hésitation (vous êtes exactement à la frontière), retenez 48 heures : une prévenance plus longue que le minimum est toujours valable, l'inverse non.

Dernier jour de travail

Choisissez une date qui laisse s'écouler au moins le délai de prévenance après la remise de la lettre. Exemple avec 48 heures : lettre remise le lundi, dernier jour de travail le mercredi. La lettre annonce explicitement cette date, ce qui évite toute discussion sur la fin du contrat. Rappelez-vous que la date ne peut pas dépasser le terme de la période d'essai.

Main propre ou recommandé ?

Sur un délai aussi court, la remise en main propre contre décharge est presque toujours le bon choix : imprimez deux exemplaires, faites dater et signer le vôtre, le délai court immédiatement. Réservez le recommandé aux situations où l'employeur est injoignable ou refuse de signer la décharge : le délai de prévenance ne courra alors qu'à la première présentation du pli, décalez votre dernier jour en conséquence.

Après la rupture : documents de fin de contrat et solde

Même pour quelques jours ou semaines de présence, l'employeur doit vous remettre les documents de fin de contrat : le certificat de travail, le reçu pour solde de tout compte et l'attestation destinée à France Travail. Le solde de tout compte comprend le salaire des jours travaillés et l'indemnité compensatrice de congés payés acquis (2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, au prorata). Aucune indemnité de rupture n'est due de part ni d'autre : c'est le principe même de l'essai.

Petite spécificité du CDD : l'indemnité de fin de contrat de 10 % (prime de précarité) n'est pas due lorsque la rupture intervient pendant la période d'essai. Enfin, si vous enchaînez immédiatement sur un autre emploi, pensez à demander votre certificat de travail dès le dernier jour : certains employeurs le réclament à l'embauche.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Utiliser le mot « démission » dans la lettre : juridiquement faux pendant l'essai, et source de confusion sur le régime applicable (préavis, chômage). Notre modèle qualifie correctement la rupture.
  • Partir du jour au lendemain sans prévenance : 24 ou 48 heures suffisent à vous mettre à l'abri de toute réclamation, ne vous en privez pas.
  • Rompre « l'essai » alors qu'il est expiré : vérifiez la date de fin sur votre contrat, prolongations pour absence comprises. Essai expiré = démission et préavis conventionnel complet.
  • Notifier par SMS ou à l'oral : valable en théorie, invérifiable en pratique. Sans écrit daté, la date de fin de contrat devient contestable.
  • Ignorer la règle des 65 jours pour le chômage : si vous étiez indemnisé avant ce poste, vérifiez auprès de France Travail avant de notifier la rupture, pas après.
  • Oublier les documents de fin de contrat : certificat de travail, solde de tout compte et attestation France Travail sont dus même après une semaine de présence.

Références légales

Code du travail : articles L1221-19 (durées maximales de l'essai en CDI), L1221-21 à L1221-24 (renouvellement), L1221-25 (rupture pendant l'essai, délai de prévenance de l'employeur), L1221-26 (délai de prévenance du salarié : 48 heures, ramené à 24 heures en cas de présence inférieure à 8 jours), L1242-10 (essai en CDD), L1243-10 (indemnité de fin de contrat non due en cas de rupture pendant l'essai). Loi n° 2023-171 du 9 mars 2023 (plafonnement des durées d'essai).

Questions fréquentes

Dois-je donner un motif pour rompre ma période d'essai ?

Non. La période d'essai a précisément pour objet de permettre à chacune des parties d'apprécier si la relation de travail lui convient : la rupture est libre et n'a pas à être motivée, ni par le salarié ni par l'employeur (article L1221-25 du code du travail). Ne donnez pas de motif dans la lettre, même positif : c'est inutile et cela peut alimenter des discussions sans intérêt. Seule limite : la rupture ne doit pas reposer sur un motif discriminatoire ou étranger à l'essai, ce qui concerne en pratique l'employeur plus que le salarié.

Quel est mon délai de prévenance exact ?

Il dépend de votre durée de présence dans l'entreprise, en jours calendaires depuis le premier jour de travail : 24 heures si vous êtes présent depuis moins de 8 jours, 48 heures à partir de 8 jours de présence (article L1221-26). Ce délai reste fixé à 48 heures quelle que soit votre ancienneté au-delà, contrairement à celui de l'employeur qui monte à 2 semaines après un mois de présence et à 1 mois après trois mois. Le délai court à compter de la notification : remise en main propre contre décharge ou première présentation du recommandé.

Aurai-je droit au chômage après avoir rompu ma période d'essai ?

En principe non : la rupture d'essai à l'initiative du salarié est un départ volontaire, comme une démission. Exception importante : si vous aviez perdu involontairement votre emploi précédent (licenciement, rupture conventionnelle, fin de CDD) et que vous rompez l'essai du nouvel emploi sans y avoir travaillé plus de 65 jours, la rupture est considérée comme légitime et vos droits sont préservés, à condition de ne pas vous être inscrit à France Travail entre les deux emplois. Les autres cas de démission légitime (suivi de conjoint, salaires impayés...) s'appliquent aussi. En cas de doute, interrogez France Travail avant de notifier la rupture.

Mon employeur peut-il refuser ma rupture de période d'essai ?

Non. Comme la démission, la rupture de l'essai est un acte unilatéral : elle produit ses effets dès sa notification, sans qu'aucune acceptation soit nécessaire. L'employeur ne peut ni la refuser, ni exiger que vous restiez au-delà du délai de prévenance de 24 ou 48 heures, ni vous imposer le préavis de démission prévu par la convention collective : pendant l'essai, seul le délai de prévenance légal s'applique. Il doit vous remettre vos documents de fin de contrat au dernier jour travaillé.

Que se passe-t-il si je romps l'essai juste avant son terme ?

Le délai de prévenance ne peut pas prolonger la période d'essai au-delà de son terme. Si vous notifiez la rupture la veille de la fin de l'essai avec 48 heures de prévenance théorique, le contrat prend quand même fin au terme de l'essai. Attention au cas inverse : si vous laissez passer le terme de l'essai sans rien faire, le contrat devient définitif et vous ne pourrez plus le rompre que par démission, avec le préavis conventionnel complet. Vérifiez aussi les prolongations : les absences (maladie, congés, RTT) prolongent l'essai d'une durée équivalente.

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