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Lettre de demande de congés payés

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Poser ses congés à l'oral ou sur un coin de table expose à un risque bien connu : la demande « oubliée », le planning modifié au dernier moment, les billets d'avion achetés pour des dates finalement refusées. Une demande écrite et datée change tout : elle prouve que vous avez sollicité vos dates suffisamment tôt, elle oblige l'employeur à se positionner clairement, et elle vous protège si un désaccord survient. Les congés payés sont un droit d'ordre public (articles L3141-1 et suivants du code du travail), mais leurs dates restent soumises à l'accord de l'employeur : d'où l'importance de la trace écrite.

Notre générateur rédige pour vous une lettre de demande de congés complète : dates précises, nombre de jours en ouvrables ou ouvrés, nature du congé (principal, solde, anticipation), argument familial à l'appui si vous le souhaitez, et demande de réponse écrite dans un délai raisonnable. Vous remplissez le formulaire, vous téléchargez le PDF, vous le remettez à votre employeur ou au service RH.

Ce guide rappelle vos droits en 2026 : combien de jours vous acquérez (y compris pendant un arrêt maladie depuis la loi du 22 avril 2024), qui fixe les dates et selon quels critères, dans quel délai l'employeur peut encore modifier vos congés validés, et ce que vous pouvez faire en cas de refus répété.

Vos droits à congés payés : ce que dit le code du travail

Tout salarié a droit à un congé de 2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif chez le même employeur, soit 30 jours ouvrables (5 semaines) pour une année complète (article L3141-3 du code du travail). Ce droit s'applique dès l'embauche, quel que soit le contrat (CDI, CDD, temps partiel) : un salarié à temps partiel acquiert autant de jours qu'un temps plein. Les jours « ouvrables » incluent le samedi ; certaines entreprises décomptent en jours « ouvrés » (25 jours par an), ce qui revient au même volume de repos.

Depuis la loi n° 2024-364 du 22 avril 2024, les périodes d'arrêt maladie ouvrent aussi des droits : 2 jours ouvrables par mois d'arrêt pour maladie ou accident non professionnel (dans la limite de 24 jours ouvrables par période de référence), et 2,5 jours par mois en cas d'accident du travail ou de maladie professionnelle (article L3141-5-1 nouveau). À la reprise, l'employeur doit vous informer, dans le mois, du nombre de jours dont vous disposez et de la date limite pour les prendre ; un report de 15 mois est prévu lorsque l'arrêt vous a empêché de poser vos congés.

La période de prise des congés est fixée par accord d'entreprise ou de branche, à défaut par l'employeur ; elle comprend obligatoirement la période du 1er mai au 31 octobre (article L3141-13). Le congé principal pris en une fois ne peut pas dépasser 24 jours ouvrables, et une fraction d'au moins 12 jours ouvrables continus doit être prise entre deux jours de repos hebdomadaire, en principe pendant la période estivale. Poser des congés en dehors de cette fenêtre peut, selon les accords applicables, ouvrir droit à des jours supplémentaires dits « de fractionnement ».

Aucune démarche officielle payante n'existe pour poser des congés

La demande de congés est une démarche interne à l'entreprise, gratuite et sans formulaire administratif : beaucoup d'entreprises utilisent un logiciel RH ou un simple e-mail. La lettre écrite reste le bon outil quand vous voulez une preuve datée : demande importante (mariage, voyage lointain), employeur qui tarde à répondre, ou contexte tendu. Le site officiel code.travail.gouv.fr détaille vos droits gratuitement ; notre service vous fournit une lettre correctement argumentée en quelques minutes.

Qui décide des dates ? L'employeur, mais pas arbitrairement

Point essentiel à comprendre : le salarié propose ses dates, l'employeur les valide ou les refuse. À défaut d'accord collectif fixant la procédure, c'est l'employeur qui définit, après avis du comité social et économique, la période de prise des congés et l'ordre des départs (article L3141-16). Il ne peut cependant pas décider arbitrairement : la loi lui impose de tenir compte de critères précis.

  • La situation de famille : possibilités de congé du conjoint ou du partenaire de Pacs, présence d'un enfant ou d'un adulte handicapé ou d'une personne âgée en perte d'autonomie au foyer. Les parents d'enfants scolarisés sont en pratique prioritaires sur les vacances scolaires, sans que ce soit un droit absolu.
  • L'ancienneté dans l'entreprise.
  • L'activité chez un ou plusieurs autres employeurs : le multi-salarié doit pouvoir faire coïncider ses congés.

Deux règles complémentaires méritent d'être connues. D'abord, les conjoints et partenaires de Pacs travaillant dans la même entreprise ont droit à un congé simultané (article L3141-14). Ensuite, une fois l'ordre des départs fixé et communiqué, l'employeur ne peut plus modifier les dates moins d'un mois avant le départ prévu, sauf circonstances exceptionnelles (article L3141-16, dernier alinéa). Un congé validé puis annulé à trois semaines du départ, hors circonstances exceptionnelles, engage la responsabilité de l'employeur : conservez la validation écrite.

Vos congés en un coup d'oeil
QuestionRègle applicable
Combien de jours acquis ?2,5 jours ouvrables par mois de travail effectif, plafond 30 jours par an (L3141-3)
Et pendant un arrêt maladie ?2 jours ouvrables par mois (maladie non professionnelle, plafond 24 jours), 2,5 jours si origine professionnelle (L3141-5-1)
Qui fixe les dates ?L'employeur, selon les critères légaux : situation de famille, ancienneté, autre employeur (L3141-16)
Peut-il modifier un congé validé ?Plus d'un mois avant le départ : oui. Moins d'un mois avant : uniquement en cas de circonstances exceptionnelles
Congé principal24 jours ouvrables maximum d'affilée ; au moins 12 jours continus à prendre, en principe entre le 1er mai et le 31 octobre
Congés non prisEn principe perdus à la fin de la période de prise, sauf accord, report légal (maladie, maternité) ou impossibilité imputable à l'employeur

L'employeur peut-il refuser vos dates ? Oui, mais pas n'importe comment

L'employeur peut refuser les dates demandées pour des raisons tenant au fonctionnement de l'entreprise : surcroît d'activité, continuité du service, congés simultanés de plusieurs salariés du même service. Ce pouvoir a deux limites. Première limite : le refus ne peut pas être discriminatoire ou abusif (refus systématique visant un seul salarié, refus sans aucun motif alors que le service le permet). Deuxième limite : l'employeur doit vous permettre de prendre effectivement vos congés avant la fin de la période de prise. La Cour de cassation juge de façon constante que c'est à l'employeur de prouver qu'il a mis le salarié en mesure de prendre ses congés : des congés perdus par sa faute donnent droit à des dommages-intérêts.

C'est exactement là que la lettre écrite prend sa valeur : elle établit que vous avez demandé vos congés à temps, sur des dates précises. Si l'employeur laisse la demande sans réponse ou refuse systématiquement, vous constituez la preuve qui vous permettra, en dernier recours, de saisir le conseil de prud'hommes. À l'inverse, ne partez jamais en congé sans validation : un départ sans autorisation constitue une absence injustifiée pouvant aller jusqu'au licenciement pour faute grave, même si votre demande était légitime.

Pas de validation écrite = pas de congé

Un silence de l'employeur ne vaut pas acceptation. Tant que vos dates ne sont pas validées par écrit (courrier, e-mail, outil RH), ne réservez rien d'irréversible et ne partez pas. Si la date approche sans réponse, relancez par écrit en rappelant votre demande initiale et sa date : notre lettre inclut une demande de réponse sous un délai précis pour éviter cette situation.

Comment remplir votre demande champ par champ

Le formulaire ci-dessus construit une demande complète et datée. Voici comment renseigner chaque bloc.

Dates et nombre de jours

Indiquez le premier et le dernier jour de congé souhaités, puis le nombre de jours décomptés. Attention au mode de décompte : en jours ouvrables (lundi au samedi), une semaine de congé consomme 6 jours ; en jours ouvrés (lundi au vendredi), 5 jours. Reprenez le mode utilisé sur votre bulletin de paie. Le premier jour décompté est le premier jour où vous auriez dû travailler, et le décompte court jusqu'à la veille de la reprise.

Nature du congé : principal, solde ou anticipation

Sélectionnez « congé principal » pour vos vacances d'été, « solde » pour les jours restants posés hors période, et « anticipation » si vous souhaitez prendre des jours déjà acquis sans attendre l'ouverture de la période de prise, ce qui est possible avec l'accord de l'employeur (article L3141-12). La lettre adapte sa formulation à chaque cas.

L'argument familial : un vrai levier juridique

Le champ « précision à l'appui de la demande » est facultatif mais stratégique : la situation de famille figure parmi les critères légaux de l'ordre des départs. Congés du conjoint imposés par son employeur, vacances scolaires des enfants, enfant ou parent en situation de handicap : autant d'éléments que l'employeur doit prendre en compte. La lettre cite alors expressément l'article L3141-16, ce qui donne à votre demande un poids que n'a jamais une demande orale.

Le délai de réponse demandé

Demander une réponse « si possible sous 15 jours » est raisonnable et incite l'employeur à se positionner. Certaines conventions collectives ou accords d'entreprise prévoient des délais précis de réponse ou des dates limites de dépôt des demandes (souvent au printemps pour les congés d'été) : vérifiez et adaptez. Plus votre demande est anticipée, plus le refus devient difficile à justifier.

Cas particuliers : maladie, congés imposés, départ de l'entreprise

Si vous tombez malade avant le départ en congé, l'arrêt de travail prime : les congés sont reportés et vous pourrez les reprendre ultérieurement. Si vous tombez malade pendant les congés, le droit français ne prévoit pas de report automatique, mais la jurisprudence européenne pousse dans ce sens : signalez l'arrêt et demandez le report par écrit. Par ailleurs, l'employeur peut, dans certaines conditions (accord collectif, fermeture d'entreprise), imposer la prise de congés à des dates données : la fermeture estivale reste licite si elle est décidée dans les formes.

En cas de départ de l'entreprise, les congés acquis et non pris ne sont pas perdus : ils sont payés sous forme d'indemnité compensatrice de congés payés, qui figure sur votre reçu pour solde de tout compte. Vérifiez ce montant ligne par ligne : c'est l'une des erreurs les plus fréquentes des soldes de tout compte, et vous disposez de six mois après signature pour le dénoncer.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • Réserver le voyage avant la validation : tant que l'employeur n'a pas accepté par écrit, vos dates ne sont pas acquises. Aucun remboursement de billets n'est dû si la demande est refusée dans les règles.
  • Partir sans autorisation : absence injustifiée, sanctionnable jusqu'au licenciement pour faute grave, même si votre demande était ancienne et raisonnable. Relancez par écrit, ne partez jamais en force.
  • Demander à l'oral seulement : sans trace datée, impossible de prouver que l'employeur vous a empêché de prendre vos congés, ni de contester une modification tardive.
  • Ignorer le décompte ouvrables/ouvrés : poser « une semaine » sans préciser peut vous coûter un jour de solde. Reprenez le mode de décompte du bulletin de paie.
  • Laisser expirer la période de prise : les congés non pris sont en principe perdus. Si c'est l'employeur qui vous a empêché de les prendre, réclamez par écrit avant la fin de la période, preuve à l'appui.
  • Oublier les droits acquis pendant un arrêt maladie : depuis avril 2024, la maladie ouvre des droits à congés et l'employeur doit vous informer de votre solde à la reprise. Vérifiez votre bulletin de paie.

Références légales

Code du travail : articles L3141-1 à L3141-3 (droit à congé, 2,5 jours ouvrables par mois), L3141-5-1 (acquisition pendant les arrêts maladie, loi n° 2024-364 du 22 avril 2024), L3141-12 (prise dès l'embauche), L3141-13 (période de prise incluant le 1er mai au 31 octobre), L3141-14 (congé simultané des conjoints), L3141-16 (ordre des départs, critères et délai de modification d'un mois), L3141-17 et suivants (durée maximale et fractionnement), L3141-19 et suivants (jours de fractionnement).

Questions fréquentes

Mon employeur peut-il refuser mes dates de congés ?

Oui, c'est lui qui fixe l'ordre des départs, à défaut d'accord collectif organisant la procédure (article L3141-16). Il doit toutefois tenir compte de critères légaux : situation de famille (congés du conjoint, enfants scolarisés, proche handicapé ou dépendant), ancienneté et activité chez un autre employeur. Le refus doit rester justifié par le fonctionnement de l'entreprise et ne peut être ni discriminatoire ni systématique : l'employeur doit vous permettre de prendre effectivement vos congés avant la fin de la période. En cas de refus répété, la lettre datée constitue votre preuve pour une réclamation, voire pour les prud'hommes.

Combien de temps à l'avance dois-je poser mes congés ?

La loi ne fixe pas de délai pour la demande du salarié : ce sont les accords d'entreprise, la convention collective ou les usages internes qui organisent le calendrier (souvent un dépôt des souhaits au premier trimestre pour l'été). En revanche, la loi encadre l'employeur : une fois l'ordre des départs communiqué, il ne peut plus modifier vos dates moins d'un mois avant le départ, sauf circonstances exceptionnelles. En pratique, posez vos congés le plus tôt possible et par écrit : une demande anticipée et datée est beaucoup plus difficile à refuser ou à déplacer.

Est-ce que j'acquiers des congés pendant un arrêt maladie ?

Oui, depuis la loi n° 2024-364 du 22 avril 2024, qui a mis le droit français en conformité avec le droit européen. Un arrêt pour maladie ou accident non professionnel ouvre droit à 2 jours ouvrables de congé par mois d'absence, dans la limite de 24 jours ouvrables par période de référence ; un arrêt d'origine professionnelle ouvre droit à 2,5 jours par mois, comme du travail effectif. À votre reprise, l'employeur dispose d'un mois pour vous informer de votre solde de congés et de la date limite pour les prendre ; si l'arrêt vous a empêché de les poser, un report de 15 mois s'applique.

Mon employeur peut-il annuler des congés déjà validés ?

Plus d'un mois avant votre départ : oui, il peut modifier l'ordre et les dates des départs, c'est son pouvoir de direction. Moins d'un mois avant le départ : non, sauf circonstances exceptionnelles (article L3141-16), notion appréciée strictement par les juges (commande imprévue vitale pour l'entreprise, sinistre, remplacement d'un salarié décédé...). Une annulation tardive injustifiée engage sa responsabilité : vous pouvez réclamer l'indemnisation des frais engagés (billets, réservations non remboursables). D'où l'importance de conserver la validation écrite de vos dates.

Que deviennent mes congés non pris en fin de période ?

En principe, ils sont perdus : les congés doivent être pris pendant la période de prise fixée dans l'entreprise. Trois exceptions majeures : le report accordé par l'employeur (ou prévu par accord collectif), le report légal lorsque vous n'avez pas pu les prendre pour cause de maladie, d'accident du travail, de congé maternité ou d'adoption, et le cas où l'employeur vous a empêché de les prendre, car il lui appartient de prouver qu'il vous a mis en mesure de les poser ; à défaut, vous pouvez obtenir des dommages-intérêts. En cas de départ de l'entreprise, tous les congés acquis non pris sont payés en indemnité compensatrice.

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